2Y4 MEMOIRES POUR L'HlSTOIREà certaines mouches des caractères quelles n’ont pas,D ailleurs, le nom d’ichneumon n’est pas affecté à cellesà quatre ailes d’un seul genre, il sert à en désigner degenres fort différents ; il a été plutôt employé pour mar-quer le génie propre à quelques-unes, que pour en dé-terminer de celles qui se ressemblent par la forme de leurcorps.
Tous les insectes qui passent par différentes métamor-phoses, semblent avoir été accordés en partage aux ichneu-mons, pour mettre ceux-ci en état de perpétuer leurs eípe-ces. Tant que les papillons font chenilles ou crysalides, tantque les mouches, les fcarabés & divers autres insectes fontvers ou nymphes, ils n’ont rien de plus à redouter qued’être choisis par quelque ichneumon pour servir de pâtureà ses petits. Quelque grosse que soit la chenille, quelquegros que soit le ver, il n’est pas en son pouvoir de ne pasremplir la triste destinée qui lui a été préparée par unemouche ichneumon souvent extrêmement petite.
En général, les mouches ichneumons de différentesespèces ont recours à trois moyens différents pour arriverà leur fin, & tous trois également sûrs. Les unes sçaventloger leurs œufs dans l’intérieur d’un insecte qui est encoresous fa première forme, & qui > par conséquent, a encoreà croître; elles ont été pourvûës par la nature, d’un instru-ment propre à lui percer le corps, elles portent à leurpartie postérieure une espece d’aiguillon, ou plutôt unevéritable tarriére capable de pénétrer dans des corps plusdurs que les chairs contre lesquelles elle doit agir. La mou-che ichneumon pressée du besoin de pondre, va se poser surune chenille ou un ver dont le corps, quelquefois beaucoupplus grand que le sien, est un f.errein fur lequel elle peut sepromener; elle marche dessus, elle le parcourt, elle recon-iiqîí l’çndroit qù il lui convient de ie percer: bien tôt elle