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Tome sixième.
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354 MEMOIRES pour l’Histoire

Eté de ces insectes pluíìeurs mois de fuite dans des boîtesfermées fans qu’ils y meurent de faim. Auífi M. Pouparta-t-il presque cru qu’ils ne mangeoient que pour leurplaisir : ce qui sembloit propre à le confirmer dans cesentiment, c’est qu’il a vu que des formica-leo privés denourriture pendant plusieurs mois, s’étoient cependantmétamorphosés; mais apparemment qu’on avoit com-mencé à les mettre hors d état de prendre des aliments,dans un temps proche de celui où ils dévoient cesser decroître. S’il étoit nécessaire de prouver que de manger estpour eux un besoin indispensable, je dirois que le volumedu corps de divers formica-leo que j’ai fait jeûner troplong-temps, a diminué si notablement qu’ils n’étoientplus reconnoissables, &qu’enfin ils ont péri de faim.

Souvent néantmoins ils ne font pas exposés à un jeûnetrop rigoureux; comme ils fçavent placer leur entonnoirdans des lieux fréquentés par les infectes, il y en a toûjoursquelqu’un de ceux-ci qui par imprudence donne dans lepiège. D’ailleuts ils ne font pas difficiles fur le choix dugibier; les infectes, de quelque genre qu’ils soient, leur fontbons, dès qu’ils peuvent s’en rendre maîtres: les fourmis,comme nous lavons déja dit, font de ceux dont ils attra-pent le plus; ils prennent aussi assés souvent des cloportes:de petites chenilles, des araignées font pour eux des metsplus rares, mais dont ils peuvent se régaler quelquefois;de très-petits moucherons qui marchent volontiers fur lefable, & qui volent assés mal, leur font un fond d’alimentsplus sûr que les gros insectes: des mouches & des papillonsfont quelquefois pris par le formica-leo, avant qu’ils ayentpu faire usage de leurs aîles pour s’échapper. Mais on lesrégale bien quand on jette dans leur trou une mouche bienventrue à qui on a arraché les aîles. Enfin, ils prouventque tous les insectes leur conviennent, ôc au moins qu’ils