36o Mémoires pour l’Hístoire
tiennent un insecte entre leurs cornes, ils succent,&cesten sucçant tout ce que son corps à de succulent, qu’ilslui font perdre la vie; or quand le ventre du formica-leose trouve rempli & distendu jusqu a un certain point, iín est plus en état de recevoir la matière qui lui seroit ap-portée par la suction.
Au reste, un formica-leo qui a faim, vient à bout devuider le corps d un insecte, celui d une grosse mouchepar exemple, plus exactement qu on ne l’imagineroit ; ilne semble lui laisser que les anneaux écailleux qui en fontl’enveloppe : ce corps qui, lorfqu’il a été saisi par les cor-nes, étoit gonflé, rond «Sc souple, quand elles 1 abandon-nent, est applati «Sc friable comme une feuille sèche; toutesles parties molles qui le remplissoient, semblent en avoirété ôtées, au moins tout leur suc a-t-il été enlevé: quandil est réduit en cet état, d’un coup de tête le formica-leole jette quelquefois à cinq ou six pouces des bords de sontrou. La tête d’une mouche a beaucoup de matière succu-lente, mais que notre insecte y laisse sans y toucher, ellen est pas de son goût.
Lorsque l'on se rappelle la finesse des organes aveclesquels le formica-leo doit faire passer dans son corpstout ce qui est renfermé dans celui d’une très grosse mou-che, on admire qu’il y puisse parvenir. Quelle doit êtrela petitesse de i’ouverture qui est au bout d’une pointeauísi déliée que celle de chaque corne du formica-leo!ce qui fort du corps de la mouche ne peut pourtantarriver dans celui du formica-leo, qu en passant par deuxouvertures si prodigieusement petites. Les deux Auteursqui nous ont donné une Histoire de cet Insecte, ont re-gardé sextérieur de chaque corne, tout ce que nous envoyons, & qui est écailleux, comme un corps de pompedans lequel joue un piston. Nous avons déja dit que
chaque