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Tome sixième.
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412 MEMOIRES POUR L’HïSTOIREdans cet état où je la croyois presque sans vie, & j en aivû d’autresy rester près d’une demi - heure. J’étois prêt àcesser d’obíerver la première dont j ai parlé, n espérantplus qu’eîle devînt en état de se mouvoir, íorsqu’elle m'ap-prit que dans le temps où je l’avois cru mourante, íèsparties trop molles avoient pris de la consistance, s’étoientaffermies, & qu’elle avoit acquis des forces. Elle fit fous mesyeux une action qui en demandoit beaucoup , une vrayeaction de vigueur. Dans son état de soiblessc apparente, ouplûtôt de tranquillité , son corps étoit un peu contour-né, étant concave du côté du dos, & convexe du côtédu ventre ; elle lui donna une courbure directementcontraire, elle le rendit concave du côté du ventre; elle serecourba ensuite beaucoup davantage dans le même sens,Sc si subitement, qu’elíe sembla faire une cípece de finitqui mit sa tête à la hauteur de la partie du fourreau dans la-quelle elle avoit été logée : ses jambes se trouvèrent au-deffsus de la grande ouverture; bien-tôt leurs crochets saisirent* PI. 39 -%• íapartie antérieure du fourreau *,& sy cramponnèrent. Ií3 * est donc essentiel que cette manœuvre ne se lasse qu’après

que les crochets ont pris de la roideur. II fut aisé alors^ lademoiselle d’achever de tirer la partie postérieure de soncorps, de la dépouille dans laquelle elle étoit restée jus-que-là; elle augmenta la courbure du corps, elle le pliapresqu’en deux, & par ce dernier mouvement elle en con-duisit iebout jusqu’à (ouverture par laquelle elle tarda peuà le faire sortir : elle étendit ensuite son corps à peu-prèscn ligne droite, & este se trouva dans une attitude plusnaturelle.

Yoiíà la demoiselle entièrement née, mais bien éloignéeencore de paroître telle que celles qui parcourent les airs,ou qui se posent sut des plantes ; elle est toute contrefaite :ìe corps quoique plus long que la dépouille d’où il s’çst tiré *