524 MEMOIRES POUR L’HíSTOIRE
L/histoire des pucerons que nous avons publiée alors,apprend quels font les caractères propres à ces petits in-sectes qu’on ne trouve que trop aisément, & en tropgrande quantité sur les plantes, fur les arbustes & fur lesarbres, soit de nos jardins, soit de la campagne ; elledonne une idée du prodigieux nombre de leurs efpeces,qui ne font pas feulement répandues fur les parties desvégétaux qui s’élevent au-destus de la surface de la terre,mais dont plusieurs fe tiennent constamment attachées àleurs racines; 6c elle raconte les singularités les plus remar-quables que ceux de plusieurs efpeces nous ont offertes;mais un article de leur vie, le plus important de tous, Scsur lequel nous n'étions pas en état de prononcer alorsdécisivement, demande que nous revenions à eux. Nousavons bien prouvé qu’ils font vivipares, que les ailés Scnon ailés le font; nous avons expliqué comment ils par-viennent à mettre leurs petits au jour; mais nous navonsrien dit classés positif par rapport à la maniéré dont leurfécondation est opérée. Ce point fur lequel nous sommesplus instruits à présent, est peut être la plus grande singula-rité que f histoire naturelle nous ait fait voir jufqu'ici, unesingularité intéressante pour les physiciens, & même pourles métaphysiciens, & très-propre à justifier l’emploi dutemps paste à observer les plus petits infectes.
On ne fe feroit pas attendu que l’étude des puceronseût dû nous apprendre, comme elle va le faire, à êtreréservés à prononcer fur la généralité des loix de la na-ture. S’il y en a quelqu’une qui ait paru n être sujette àaucune exception, c’est celle qui veut que deux animauxde chaque efpece, soient obligés de concourir pour don-ner naissance à de nouveaux individus de leur efpece.If universalité de cette loi a été confirmée par les obser-vations faites jusqu a présent, tant fur les plus grands que