5*6 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREseroit encore bien plus difficile d’en donner une raisonphysique, depuis qu’on íçait que les organes de sun Scde i’autre sexe se trouvent réunis dans des animaux asséspetits, tels que les vers de terre, les limaçons, les limaces,Scc. car ce ffest pas faute de place que ces deux sortesd’organes n’ont pas été données à la fois au corps d’ani-maux beaucoup plus grands. C’est encore par des vuesdans lesquelles il ne nous est pas permis de pénétrer, queces vers de terre, que ces limaçons, que ces limaces, &c.qui font mâles & fémelles, ne peuvent I etre pour eux-mêmes; que la multiplication de sefpece demande qu unindividu se joigne avec un autre ; car il semble qu’il restoittrès-peu à faire pour que l’animal qui a les deux sexes, fûtmis en état de sc féconder lui-même.
Mais la question que íes pucerons font naître, Sc qu’ils nemettent pas en état de décider, est s’ils ont les deux sexes ;s’il se passe dans leur intérieur un accouplement entre leursparties fémelles Sc leurs parties mâles, analogue à celui quisc fait entre deux individus de différents sexes, ou entre lesindividus qui ont sun & l’autre sexe. Peut-être que cela estainsi; on ne voit pourtant pas la nécessité absolue de cetteopération intérieure ; cette nécessité ne pourroit être ap-puyée que par 1 analogie; or il s’agit actuellement d ani-maux par rapport auxquels l’analogie la plus constante setrouve en défaut. Nous sommes obligés de reconnoîtreque la conception, que sinstant où la génération com-mence , est celui où un animal, un embryon d’une peti-tesse indéfinie, commence à se développer, Sí est mis enétat de continuer à croître; car si son veut faire formerdes germes, si son veut imaginer des moyens de faire pren-dre Inorganisation du corps d’un animal à des liqueurs ou àdes matières qui ont plus de consistance, on sentira bien tôtsimpoísibiiité de faire exécuter un tel ouvrage parles par-