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Tome sixième.
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54-8 MEMOIRES POUR l/HlSTOIREnous n avions pas vû des mâles & des fémeiles, nouseussions jugé que l’œuvre de la génération s’accomplif-soit dans tous de la façon simple dont nous voulons fairepenser qu’elle peut s’accomplir dans les pucerons. Tantqu’un insecte qui doit devenir papillon, reste chenille,ìes parties qui ne lui feront propres que loríqu’il íèra pa-pillon, les ailes, par exemple, la trompe, à. font pourlui des parties aussi étrangères que le peuvent être pour lepuceron les petits qu’il mettra au jour après íà dernièretransformation : comme ces ailes & cette trompe du pa-pillon croissent dans la chenille dès qu’elle commence elle-même à croître, il est très-naturel de penser que de mêmeles embryons fe développent dans le corps du puceron ,dès qu’il commence à croître; & c’est ce que paraissentprouver les fœtus bien formés qu’on trouve dans des pu-cerons encore éloignés du terme où ils ont fini leur croît,& où ils fe transforment. Loin, ce me semble, qu’on doiveavoir quelque peine à accorder que la génération des pu-cerons fe puisse faire d’une maniéré si simple, on ne doitêtre embarrassé que de ce que, pour opérer la générationdes autres animaux, une voye plus composée a été prisepar celui qui ne fçauroit manquer de choisir les moyensles plus parfaits & les plus convenables.

Mais plusieurs fçavants naturalistes, & de ceux mêmequi s’étoient assurés par leurs propres yeux qu’un puce-ron , à qui depuis l’instant de íà naissance il avoir été im-possible de communiquer avec aucun autre, devenoit enétat de mettre au jour des petits vivants , ont cependanteu peine à croire qu il fût assés démontré que les efpecesde ces insectes se conservassent lans accouplement. Ils onteu un soupçon qui paraîtra singulier; mais ii est permisde fe prêter à des idées qui ont quelque chose d’étrange,lorfqu’il s’agit de rendre raison d’un fait qui met une