Band 
Tome sixième.
Seite
566
JPEG-Download
 

566 MEMOIRES pour l’Histoirehyver dans un jardin, toutes Jes feuilles des arbres de cejardin ne sustìroient pas pour donner des places à ceuxqui en naîtroient ; la terre même sembleroit devoir en êtrecouverte. Car fi on suppose à chacun de ces pucerons dusureau une fécondité égale à celle des pucerons du fu-sain , que chacun mette de mêmeau jour 90 à 95 petits,la première génération d’un puceron fera au moins de 90petits. Si chacun de ceux-ci en donne à son tour 90, laseconde sera de 8100 pucerons. La troisième fera de8100 multiplié par 90 ou de 729000 pucerons. Cedernier nombre doit encore être multiplié par 90, pouravoir celui des pucerons de la quatrième génération, quifera 65610000 pucerons, & en multipliant encore cenombre par 90 pour avoir les pucerons de ía cinquième,celle-ci fera trouvée de 5904900000. Nous ne sommesencore qu a la cinquième génération, si nous prenionstoutes celles qui peuvent venir d’un puceron qui a com-mencé à accoucher dès le mois d’Avril, «Sc qui ne finitqu’en Novembre, combien pourroit-il donner de géné-rations dans le cours del’année, ou seulement en six moisiA les mettre au rabais il y en auroitplus de 20. Or si cinqgénérations ont produit 5904900000 pucerons, quelleinnombrable quantité de ces petits insectes doit venir de20 générations! Mais on est bien tôt rastûré contre les in-quiétudes qu’une si grande fécondité pourroit donner,quand on sçait combien d’autres insectes font occupésjournellement à les détruire pour s’en nourrir.