5pÛ MEMOIRES POUR L’HlSTOIREsemaines après qu’iis ont été pondus, j’ai trouvé une bouleallongée qui avoit commencé à íè transformer en nymphe.
Toute cette bouillie qui remplit un œuf de mouchearaignée,qui n’a que quelques jours, ou même que quel-ques semaines, ne doit donc pas être regardée comme unemasse informe, elle a vie; elle est un animal qui, a parlerexactement, n’a plus à croître, & dont les parties n’ontbesoin que d’acquérir de la consistance, de se fortifier.L’œuf de mouche araignée n’est donc pas un œuf sem-blable aux autres œufs. Chacun de ceux-ci renferme unembryon extrêmement petit, & qui nage en quelque fortedans la liqueur qui le doit nourrir, au lieu que tout ce quiremplit la capacité de la coque de l’œuf d’une mouchearaignée, est í'animai même.
Juíqu’ici on a divisé les animaux en deux classes, celledes vivipares, & celle des ovipares : les mouches araignéesdemandent qu a ces deux classes, on en ajoute une troi-sième, car elles ne font, à proprement parler, ni ovipares,ni vivipares. Les vivipares mettent au jour des petits quine font point renfermés fous une coque; & dans les œufsqui viennent detre pondus par les ovipares, l’embryonéchappe à nos yeux par fa petitesse. Si on vouloit regarderfêtât de boule allongée, commecelui d’une nymphe, quoi-qu’imparfaite, on pourroit appeller la nouvelle classe, celledes infectes nymphipares. On aimera peut-être mieux cenom que celui de boulipares, qui feroit plus exact.
Malgré la ressemblance que i’eípece de bouillie descoques des mouches araignées, soit cuite, soit non cuite,a avec la substance des infectes qui sont reconnus pour êtredans Tctat de boule allongée , on pourroit encore avoirquelque peine à la prendre pour un animal plein de vie,íì nous n'avions à rapporter des observations propres àachever d en convaincre. II y a une circonstance qui à la