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Tome IIe. [BA - CON.]
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6i BAR

seigneur a mis à la tête de son poè-me) que ce livre est fl m grand quetout l'Univers. C’est éloge empeulédu versificateur le plus plat,Fnt adop-té de son tems ; mais il a été rejettédans le nôtre. Le style de du Bartasest bas, lâche, incorrect , impro-pre; il peint torit fous des imagesdégoûtantes. II dit, que la tête est lelogis de l'entendement , que les yeuxfont deux luisantes verrières , ou deuxastres bejsons ; le nez, la gouttière oula cheminée ; les dents , une doublepalissade servant de meule à fauvettegueule ; les mains, les chambrières dela nature , les greffieres de f esprit ,(s les vivandières du corps j les os ,les poutres, leschevrons & les piliersde ce logis de chair. On a du sei-gneur du Bartas plusieurs autres ou-vrages. Le plus singulier est un petitPoème , dressé pour l’accueil de lareine de Navarc, faisant son entréeà Nérac. Ce sont trois Nymphes quife disputent l’honncur de saluer SaMajesté. La ire débite ses platitudesen vers Latins, la 2 me en vers Fran-çois , la zme en vers Gascons. DuBartas, quoique mauvais poète ,étoit homme de bien. Lorsque le ser-vice militaire & ses autres occupa-tions luilaissoient quelques loisirs, ilfe retiroit au château de Bartas, loindu tumulte des armes ét des affaires.11 auroit désiré qu’on l'eut oublié ,pour pouvoir s’appliqucr plus libre-ment à l’étude : c’est ce qu’il té-moigne en finiffant la zme journéede fa Semaine. Puiffé-je , ( dit-il ens’adrcffant à Dieu )

Puissé-je, 6 Tout - Puissant !inconnu des grands rois,

Mes solitaires ans achever dansles bois.

Mon étang soit ma mer, mon bos-quet , mon arene,

t Ba GimoneraonNfl , le Sarrapinma Seine ;

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Mes chantres & mes luths, J$smignards oiselets ;

Mon cher Bartas, mon Louvre, Sima cour , mes valets....

Ou bien , si mon devoir ou la bon-té des rois,

Me Fait de leur grandeur appro-cher quelquefois,

Fais que de leur faveur jamais jene m’euivre ;

Que, commandé par eux, libreje puisse vivre ;

Que l’honneur vrai je suive , &non l’honncur menteur;

Aimé comme homme rond , &non comme flatteur.

La modestie & la sincérité faisoienten effet le caractère de du Bartas ,au rapport du prefid. de Thou. “ Jcw sais, (dit ce célébré historien,)n que quelques critiques trouventson style fort figuré , empoulé„ & rempli de gasconnades. Pour,, moi, ajoute-t-il , qni ai connu„ fa candeur , & qui l ai souvent» entretenu familièrement, tandis« que durant les guerres civiles je,, voyageoisensiuienneavcclni, je„ puis assurer que je n’ai rien re-» marqué de semblable dans ses,, maniérés; malgré fa grande ré-» putation, il parloit toujours avec« beaucoup dc modestie de lui-mê-» me & de ses ouvrages. „ Son li-„ vre de la Semaine , tout mépri-sable qu’il est, eut la fortune desmeilleurs ouvrages. On en fit dansS 0116 ans, plus de 30 éditions. Us’cleva de tous côtés des traducteurs,des commentateurs , des abrévia-teurs, des imitateurs, &desailvcrs.Ses Œuvres furent recueillies, est1611, in.fol. à Paris par Riguud-I. BAKTH, ( Gaspard ) Voyest

Barthius.

1 J. BAKTH, ( Jean ) né à Du”'Iterque d’un lìmplc pécheur , sstplus connu que s’il avoit dû 1 ®jour à un monarque. Dés 167» *