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Tome IIe. [BA - CON.]
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CLISSON , (Olivier de) con-nétable de France en 1380, fousCharles VI, éleve de Bertrand ditGuesclin , étoit Breton comme lui.Il porta d’abord les armes contrela France ; mais Charles í'Tattiraà son service par de fortes pen-sions , & par l’efipérance des gran-des charges de la couronne. IIcommandait savant-garde à la fa-meuse bataille de Rosebecq , en138:,, contre les Flamands, qui yperdirent r; mille hommes. Cinqans après, s’étant rendu auprès duduc de Bretagne , celui-ci le fit ar-rêter , après savoir accablé de ca-resse. II ordonna à Bavaient , ca-pitaine de fou château de l’Her-mine , de le coudre dans un íae,& de le jeter dans la mer. B avalaitcomptant fur les remords du duc,ne crut pas devoir exécuter sonordre. Son maître, revenu à hii-même, rendit son prisonnier ; maisce 11e fut qu’apròs avoir reçu unegrosse rançon. Ils fe réconcilièrentdepuis si sincèrement, que Jean V,cn mourant, laissa ses enfans fousla garde de Clijfou. II méritait cetteconfiance par son exacte probité ;car Marguerite , duchesse de Pen-thievre , fa fille , ayant voulu luiinsinuer de fe défaire de ses pupil-les , pour mettre la couronne du-cale de Bretagne fur la tête deJean de Blois , son époux. Clijfonfut si indigné de cette horrible pro-position , que la duchesse auroìtéprouvé les esscts de fa colere ,si elle ne fe fût retirée auísi-tôt defa présence. Le connétable de re-tour en France, s occupa du pro-jet de chasser les Anglois du royau-me ; lorsque lierre de Craon, à latête d’une vingtaine de scélérats,fondit fur lui la nuit du 13 au 14juin 1393. Clijfon, 1 prèss’être dé-fendu assez long-teins, tomba deeheval, percé de trois coups .&

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laissé pour mort par les assassins.Ses blessures n’étoient pas dange-reuses , L il cn guérit. Le roi Char-les VI , peu de tems après, fut at-taqué de ses accès de frénésie. Lesduos de Bourgogne & dp Berri ,régens du royaume,dépouillèrentle connétable , de toutes ses char-ges , après savoir condamné aubannissement perpétuel, & à uneamende de'cent mille marcs d'ar-gent. 11 fe retira en Bretagne, &moulut dans foií château de Jof-félin en 1407, aimé des gens deguerre auxquels il permettoit tout,& haï des grands qu’il traitait avechauteur. O11 le comparoit â duGuesclin pour le courage; mais illui étoit supérieur par l’art de leménager des ressources, & de for-mer des projets favorables â sonambition. Ses premiers exploitsavoient annoncé ce qu'il fut. Ala journée d’Auray , il reçut uncoup de lance qui lui creva uuœil, L il ue voulut pas quitterle champ de bataille. O11 fe récriabeaucoup , de fou teins, fur la som-me de dix-íept cents mille livres âlaquelle 011 failoit monter fou bien :011 ne faifoit pas attention qu’ilavoit joui pendant douze ans desappointemens de connétable , qu’ilétoit très-riche de son patrimoine,,& qu’il avoit conquis ses autresrichesses plutôt fur les ennemis-qlie fur I'état.

CL 1 STHENES , magistrat d’A-thènes de la famille des Alcméo-dines, fit un nouveau partage dupeuple. II le divisa en dix tribus,au lieu de quatre , & fut fauteurde la loi connue fous le nom d’ Os-tracisme , par laquelle 011 condam-noit un citoyen au bannissement,de peur qu’il ne devînt le tyrande fa patrie. Le nom d ’Ostracismevient du mot Qstracon , qui signi-fie é C fille, narce que c’étoit fur