Band 
Tome IIe. [BA - CON.]
Seite
720
JPEG-Download
 

V

7ro COL

de cet écrivain était très-féconde ;mais son style est dur en latin &incorrect cn franqois. II avait ,dans la conversation , de l'esprit Ldu feu : on remarque ces deux qua-lités dans quelques-uns de ses li-vres. II mêle quelquefois la plaisan-terie aux sujets les plus sérieux;mais malheureusement ses railleriessentent le college, &nesontguereà leur place. II s’étoit corrigé,dans fa vieillesse, de ce défaut ; &à tout prendre , ses livres sont esti-mables , par i’abondance des recher-ches , & par l’ordre qu'il a su y met-tre.

I. COLLETET , ( Guillaume )avocat au conseil , l’un des 40 del’académie Françoise, naquit à Pa-ns en 15518 , & mourut dans cetteville en 1659, ne laissant pas dequoi se faire enterrer. Lc cardinalde Richelieu le mit au nombre descinq auteurs qu'il avait choisis pourla composition des piecesde théâtre.Colletet lit seul Cytninde , & tra-vailla aux comédies intitulée VAveu-gle île Smyrne & les Thuilleries. IIlut le monologue de cette dernierepiecc au cardinal, & loriqu’il fut àl’endroit qui commence par ce-vers :

La Canne s'humeélant dans la bourbede l'eau ....

il lui stt présent de 600 liv. poursix mauvais vers qui suivoient ce-lui-là. Sur quoi Colletet stt ce disti-que :

Armand , qui pourjix vers m'aslionnéJix cens livres,

Que ne puis-je J ce prix te vendretous mes Livres !

En lui sais, u t ce présent, le car-dinal lui dit que le* 600 francs u’é-(oient que pour les six vers , qu’iltrouvait Ji beaux , que le Roi n'étoitpas ajsez riche pour payer le reste.Mais il ne renonça pas à son droit de

COL

protecteur & de connaisseur ; il nevoulut pas payer ces vers faus lescritiquer: au lieu de s'bumeíier dc labom be de l'eau , il prétendit queColletet devoit mettre barboter dansla bourbe de l’eau. Colletet résista acette ciitique ; & non content «sa-voir défendu son vers en présencedu cardinal, il lui écrivit encore àce sujet en rentrant chez lui. Com-me lc cardinal achevait de lire s*lettre , des courtisans vinrent lecomplimenter fur le succès des arme*du roi, en disant que rien ne p» 11 *volt réjìster à son éminence! Fouivous trompez, leur rcpondit-il, enriant : car , marte à Paris , je trou-ve des personnes qui me résistent. O»lui demanda quels étaient ces auda-cieux? C'est Colletet, dit-il; caraprès avoir combattu hier avec moifur un mot , il ne sc rend pas encore »N voilà une grande lettre qu'il vientde m'en écrire. Cette opiniâtretén’ivrita pas le ministre, qui con-tinua de le protéger. Colletet eutd’autres bienfaiteurs. Harlay , ar-chevêque de Paris , récompensagénéreusement son Hymne sur l’I in 'maculée-Conception; il lui envoyaun Apollon d'argent... Colletet avoitépousé en secondes noces Claudine,auparavent fa servante; & p° uttâcher de justifier son choix au*yeux du public, il fit paraîtresous son nom plusieurs pieces “poésie , mais les honnêtes - g e, ' ssentirent sa petite ruse, & ,moquèrent de la Sapho suppo\ ee& du dieu mesquin qui l'inspir 01 *’'Ce mariage, joint à deux autre*qui ne furent pas plus avantage’ 11 *»aux pertes qu’il fit pendant leguerres civiles, & à son carac-tère dissipateur, le réduisirent ^une extrême pauvreté. Les ®“-vres de Colletet parurent cn 1in-12 : ce sont des Odes ,Stances, des Sonnets, Si quelq ul -