L’O R D R E
ESSENTIEL ET FOLITIQUEDES
PUISSA ES.
CHAPITRE I.
I
Origine des Sociétés.
Nos idées, nos perceptions, nos sensations, nosfacultés , tout nous dit que nous sommes des êtressociables. Qui nous le prouve ? Les besoins quenous avons acquis, ou que nous nous sommesfaits, & les intérêts relatifs à nous que nous avonsconsidérés dans une union universelle.
II ne s’agitpoint de chercher, íi l’érat isolé estl’état primitif de l’homme ; fi réellement il a étéréduit à vivre seul, ou en société ; fi le premierétat a été de son essence ; quelle impulsion reçuel’a porté à s’unir à ses semblables & à s'v con-server; quels avantages il a pu y trouver ; les plai-sirs, ses peines; les diftérens cliangemens aux-quels il a été exposé; ses désirs jamais satisfaits,quoiqu’K l’infini; ses passions, nées de l’habitudede voir & de satisfaire ses premiers goûts ; tantd’objets répondent assez en faveur de l’un ou del’autre état qu’on lui suppose.
Le grand point est de savoir quel usage il a faitde la sociabilité, & quelles loix il s'est prescritdans son origine.