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serve des sels de France, dont il ne se consommepoint. On y débite cependant de la rubannerie &quelques bois propres pour la teinture. A l’égarddes vins, ils doivent être forts & piquans : l’on n’yestime que les vins blancs de France. Les boisqu’on en tire, font les meilleurs du Nord, maisles plus chers de tous. On y peut pareillementcharger des fromens, des laines, quelques mç-taux & des bieres de Brunswick, qu’on nommeMum , qui soutiennent la mer & qu’on transportemême jusqu’aux Indes Occidentales.
En général, l'on tire beaucoup plus de mar-chandises de la Mer Baltique, qu’on y en porte,à la réserve de Dantzick, où la consommation esttrès-grande, à cause que cette fameuse ville estcomme le magasin de tout ce qui est nécessairepour la Pologne : ainsi la balance des échangesse fait en rìschedalers [*"], que les nations qui ytrafiquent, font obligées d’y porter, & qu’on prendà Amsterdam ou h Hambourg; l’argent de Fran-ce n’y a pas cours.
II se débite à Lubecfe par an deux mille letzde sel de France, qu’onyrafine pour la salaisondes chairs & pour en faire quelque commerce enCourlande & en Livonie. Les vins & eaux-de-viede France y font fort estimés; on y en porte an-née commune environ quatre mille banques desuns & quatre cens banques des autres, aussi-bienqu’environ cent cinquante de vinaigre. Le débitdu papier y est très-bon , à cause du négoce qu’onen fait en Moscovie, par Revel. Les autres mar-chandises que les François y envoyent, font dusucre, de la mercerie & quelques étoffes de foie.
(O Monnpiç d’argent d’Allemagne,