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CHAPITRE XI.
Vues Politiques d’un Gouvernement sage.
L ES loix émanent de la nature des choses, &des rapports qu-’eiles ont entre elles : égalemencétablies pour les peuples & pour ceux qui les gou-vernent , tous les peuples policés doivent êtrecontraints 'a leur exécution. Comme elles ont étéfaites d’après les instincts communs , elles doiventconvenir h l’intérêt général de la nation ; ellesdoivent diriger les vues du gouvernement, enexclure toute méíìance ; ou du moins fixer lesobligations où font les peuples & les souverains des’y engager. Quoique les loix soient généralespour tout un Etat, elles souffrent quelquefoisdes restrictions que l’humanité & la bonne policeexigent. Des événemens quelquefois se succè-dent, où la loi iaiffe ceux qui la consultent dansune espece d’incertitude qui balance les opinions :elle n’a pas tout prévu, il faut nécessairement l'in-terpréter. Ce feroit alors PaíJèmblée générale deschefs de la nation qui dérermineroit le degré deconsistance qu'on donneroit h la loi nouvelle, àjuger de l’influence q u'elle conserveroit a la na-tion , sur tous les désavantages , & du bien qu’ellepourroit occasionner ; car la loi émanée d’un feu!entraîne avec elle les suites les plus funestes, elledevient inutile ou tyrannique. Il fe trouve dansce cas des esprits intéressés à la soutenir , pouravoir le droit ou de s'en dégager par des menéessécrétés, ou de la présenter sous les apparencesde justice, pour frapper plus sûrement les éta-biissemens naturels de la constitution la mieux