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Tome premier.
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dans tous les lieux de son passage , immolaà ses vengeances tous ceux dont la fidélitélui étoit suspecte. Le calife fugitif ne trouvapas les Egyptiens disposés à défendre faíause ; dès qu il fut malheureux , il se vitabandonné : il crut trouver un asyle dans lamosquée de Busiv, & il y fut tué d J un coupde lance par un Arabe qui avoir ses parensà venger ; fa mort assura le califat auxAbbasïìdes. Abdalla, devenu 1 arbitre desdestinées de l’empire Musulman, se rendit àDamas, qu’il fit démanteler pour contenirdans l’obéiílance les habitans indociles. Ceprince féroce dans ses vengeances, fit dé-terrer les os des califes ommiades pour lesréduire en cendres, ne voulant pas laitiersubsister les restes insensibles de cette fa-mille sanguinaire ; il poussa la férocité à iondernier excès. Un fils du calife Abdamalecfut condamné à recevoir cent coups debâton nu ; fa chair fut enlevée de détinsses os, & on la brûla fous les yeux de cettevictime expirante. Le barbare Abdalla , té-moin complaisant de ses souffrances , crutles justifier en disant : Le devoir m’obligede lui faire subir tant de tourmens ; ce futpar son ordre que mon pere, sans être cou-pable , reçut soixante coups de bâton ;ainsi, je satisfais à ce que me prescrit lapiété filiale. Ces exemples nous donnent uneaffreuse idée de ces premiers Musulmansdévots & barbares. Abbas, chef des Ab-basïìdes , fut proclamé calife par le suffrageunanime des Musulmans. Son oncle Ab-dalla , pour prix de ses services , eut legouvernement de la Syrie , qui étoit le plusconsidérable de l'empire. Il en fut prendrepolíèíïìon avec tout l’appareil de la ven-geance ; tous les princes de la race desOmmiades furent traités en criminels, &quoiqu’ils n’euflent point été les complicesdes fureurs des califes de leur maison, tousdevinrent les victimes du sanguinaire Ab-baiside. Les uns expirèrent dans les tor-tures , & les autres au milieu des flammes ;& l’impitoyable gouverneur voulut repaîtreses yeux de leur supplice.

Après la mort d'Abbas, Abdalla , quiavoir fait les califes, eut l’ambition deferre, & de monter à son tour sur untrône affermi par ses victoires ; il refusade recannoître son neveu Aimanter, &

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il sè fit proclamer calife à Damas : sesprétentions n’étoient pas fans titres. Lecalife Abbas , dont la fortune avoir étéson ouvrage, s’étoit engagé par sermentà le désigner son successeur, s’ii pouvoirle délivrer de la concurrence de Mervan.Cette condition ayant été remplie , il étoiten droit d’exiger f exécution de cette pro-messe ; & ce fut pour faire valoir sesdroits qu’il leva une puissante armée dansl’Arabie, la Syrie & la Mésopotamie , à latête de laquelle il s’avança jusqu’aux bordsdu Mascus , près de Nisibe en Mésopo-tamie , où il fut vaincu par le célébré Moi.lem, qui se rendit maître de son camp &de tout son bagage. Abdalla , sans espoirde rétablir sa fortune , fut chercher un asyleà Basra, où dégagé de toute ambition , ilmena une vie privée, avec son frere So-liman. Almansor craignit que ce lion quisommeilloit ne fût terrible au moment deson réveil ; & au lieu de le combattre , ilne songea qu’à le séduire. Abdalla , éblouipar l’éclat de ses promesses, se rendit àla cour de Bagdad , où il fut accueilli avecles distinctions dues à fa naissance. Le califelui fit construire un palais dont les fon-demens étoient de sel, & dès qu’il y futlogé, on fit couler par des canaux secretsune grande quantité d’eau qui mina l’édi-fice. Abdalla fut enseveli sous les débrisavec ses femmes, ses eunuques & ses escla-ves, l’an del’hegire 74s. ( T — n.)

Abdalla , fils de Motateb & pere deMahomet, étoitd’une beauté si touchante,que les femmes les plus insensibles ne pou-voient résister à la tentation d’en jouir ; ilétoit âgé de quatre-vingt-cinq ans , & ,selon d’autres, de soixante & qumze , lors-qu’il épousa Amena, qui étoit la plus belle& la plus vertueuse de toutes les femmesde sa tribu. On débite que la premiere nuitde ses noces , cent filles moururent de dé-sespoir en voyant une femme plus fortunéequ’elles passer dans une couche qu’envioitleur amour. Quelques années s’écoulerentdans la stérilité ; mais enfin leur tendresseconjugale sut récompensée par la naissanced’un fils qui changea les destinées du monde.Les écrivains Musulmans se sont sort éten-dus fur les circonstances de la conceptionde cet enfant extraordinaire : ce fut,