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Tome premier.
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A.BE

Il y a plusieurs efpcces à‘abeilles diffé-rentes de celles qui produisent le miel &la cire ; l’une des principales eípeces, beau-coup plus groffe que les abeilles , est connuefous le nom de bourdon. Voye £ Bourdon.

Les abeilles que l’on appelle perce-bois ,íont presque aussi grolles que les bourdons ;leur corps est applati & presque ras : ellesfour d’un beau noir luisant, à 1 exceptiondes ailes dont la couleur est violette. Onles voit dans les jardins dès le commence-ment du printemps, & on entend de loinle bruit qu elles font en volant : elles prati-quent leur nid dans des morceaux de boisíec qui commencent à se pourrir ; elles ypercent des trous avec leurs dents ; d’oùvient leur nom de perce - bois. Ces trousont douze à quinze pouces de longueur,&c íont affez larges pour qu elles puillènty paílèr librement. Elles divisent chaquetrou en plusieurs cellules de sept ou huitlignes de longueur ; elles font séparées lesunes des autres par une cloison faite avecde la sciure de bois & une espece de colle.Avant que de fermer la premiere piece,Xabeille y dépose un œuf, & elle y metune pâtée composée d’étamines de fleurs,humectée de miel, qui lert de nourritureLu ver lorfqu’il est éclos. La premiere cel-lule étant fermée, elle fait les mêmes choiesdans la seconde, & successivement danstoutes les autres ; le ver se métamorphosedans la fuite en nymphe ; & il fort de cettenymphe une mouche qui va faire d’autrestrous, & pondre de nouveaux œufs, sic’est une femelle.

Une autre espece & abeille construit sonnid avec une forte de mortier. Les semellesíont aullì noires que les abeilles perce-bois& plus velues ; on voit seulement un peude couleur jaunâtre en deilous à leur partiepostérieure : elles ont un aiguillon pareil àcelui des mouches à miel ; les mâles n’enont point, ils íont de couleur fauve ourouífe. Les femelles construisent seules lesnids, fans que les mâles y travaillent : cesnids n’ont que l’apparence d’un morceaude terre, gros comme la moitié d’un œufcollé contre un mur ; ils font àl’expositiondu midi. Si on détache ce nid, on voitdans son intérieur environ huit ou dix ca-vités dans lesquelles on trouve ou des versTome /,

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& de la pâtée, ou des nymphes, ou desmouches. Cette abeille transporte entreles dents une petite pelote composée defable, de terre, & d’une liqueur gluantequi lie le tout ensemble, & elle applique& façonne avec ses dents la charge demortier quelle a apportée pour la construc-tion du nid. Elle commence par Etire unecellule à laquelle elle donne la figure d’unpetit dé à coudre ; elle la remplit de pâtée ,& elle y dépose un œuf & ensuite elle laferme. Elle fait ainsi successivement, &dans différentes directions, sept ou Ituitcellules qui doivent composer le nid enentier ; enfin elle remplit avec un mortiergrossier les vuides que les cellules laissententr’elles, & elle enduit le tout d’unecouche fort épaisse.

U y a d’autres abeilles qui font des nidsfous terre ; elles font presque aussi grosses-que des mouches à miel ; leur nid est cy-lindrique à l’extérieur, & arrondi aux deuxbouts : il est posé horizontalement & re-couvert de terre de l’épaiíseur de plusieurspouces, soit dans un jardin, soit en plainchamp, quelquefois dans la crête d’unsillon. La mouche commence d’abord parcreuser un trou propre à recevoir ce cy-lindre ; ensuite elle le forme avec desfeuilles découpées : cette premiere couchede feuilles n’est qu’une enveloppe qui doitêtre commune à cinq ou six petites cel-lules faites avec des feuilles comme la pre-miere enveloppe. Chaque cellule est aussicylindrique, & arrondie par l’un des bouts -,Xabeille découpe des feuilles en demi-ovale:chaque piece est la moitié d’un ovale coupéfur son petit diamètre. Si on faifoit entrertrois pieces de cette figure dans un dé àcoudre pour couvrir ses parois intérieures,de Eicon que chaque piece anticipât unpeu fur la piece voisine , on feroit ce quefait Yabeille dont nous parlons. Pour cons-truire une petite cellule dans l’enveloppecommune , elle double & triple les feuillespour rendre la petite cellule plus solide »& elle les joint ensemble, de façon quela pâtée qu’elle y dépose avec l’œuf nepuisse couler au dehors. L’ouverture dela cellule est aussi fermée par des feuillesdécoupées en rond qui joignent exactementles bords de la cellule. Il y a trois feuilles