Band 
Tome premier.
Seite
201
JPEG-Download
 

A B U

óu creuse dans la moitié de son épaisseur ,dont le sommet porte une grande feuille enforme de gaîne , qui, en s’ouvrant fur lecôté,laide voir quinze à vingt fleurs bleues,fans odeur , disposées en ombelle , longuesde deux pouces environ , portées fur unpédicule de même longueur & pendantes.Chaque fleur est un calice d’une feule piece,formant un tube cylindrique, droit, diviséjusqu’au milieu de sa longueur , & mêmeplus profondément en six portions oblon-gues, assez égales & régulièresi qui s’épa-nouiílent en étoile, à-peu-près comme dansla jacinthe. Du haut du tube &c de l'originede ses divisions partent six étamines qui les'égalent, à peu de chose près, en longueur,& qui font rapprochées en bas les unesícontre les autres, & recourbées en arceu dessus; leurs sommets ou anthères fontjaunes, & leurs filets blancs. Sur le fonddu calice est placé un petit ovaire qui estsurmonté d’un style blanc auílì long que lesétamines, courbé comme elles, & terminépar un stigmate simple triangulai re. f "ovairedevient par la fuite une capsule à troisloges, qui contiennent chacune plusieurssemences sphéroïdes disposées fur deuxrangs.

Culture. Uabumon réussit beaucoupmieux dans les ferres chaudes, au milieudes plantes de la zone torride , que dansles serres plus tempérées, que l'on destinecommunément aux plantes du cap deIîonne-Elpérance dont il est originaire.Dans nos climats il fleurit annuellementaumois d'Août, & mûrit ses graines en No-vembre. On le possede depuis long tempsen France , où on le cultive dans tous lesjardins royaux.

Remarque. Il est évident, en lisant lecaractère de cette plante, que M. Linnés'est trompé lorsqu'il l'a placée dans le genredu tanghekolli du Malabar qu'il nommecrinum , & qui n'est pas même du mêmeordre naturel. ( M. Adanson. )

ABUS , f m. se dit de l’usage irrégulierde quelque chose ; ou bien c’est l'intro-duction d une choie contraire à l’intentionque l’on avoir eue enl'admettant.

Ce mot est composé des mots ah, de,Sc usus , usage.

Les réformes & les visites font faites

Tome /.

A B U soi

pour corriger les abus qui se glissent in-sensiblement dans la discipline ou dans lesmœurs. Constantin le Grand , en intro-duisant dans l’églife l'abondance des biens,y jeta les fondemens de cette multituded 'abus , fous lesquels ont gémi les siéclesfuivans.

Abus de foi-méme. C'est une expressiondont se servent quelques auteurs moder-nes , pour dénoter le crime de la pollutionvolontaire. Voye^ Pollution.

En grammaire , appliquer un mot abusi-vement , ou dans un sens abusif, c’est enfaire une mauvaise application , ou en per-vertir le vrai sens. Voye% Catachrese.(H) r

Abus , dans un sens plus particulier ,signifie toute contravention commise parles juges & supérieurs ecclésiastiques enmatière de Droit.

Il résulte principalement de l’enrreprisede la jurifdiction ecclésiastique sur la laïque;de la contravention à la police généralede l’église ou du royaume , réglée par lescanons, les ordonnances, ou les arrêts.

La maniéré de se pourvoir contre lesjugemens & autres actes de supériorité desecclésiastiques , même de la cour de Rome,où Bon prétend qu’il y a abus , est derecourir à l’autorité séculière des parle-mens par appel , qu’on nomme pour ledistinguer de l’appel simple, appel commed'abus.

Le terme d 'abus a été employé presquedans tous les temps dans le sens du pré-sent article : mais l’appel comme d ’abusn’a pas été d’ufage dans tous les temps.On employa plusieurs moyens contre lesentreprises des ecclésiastiques & de lacour de Rome avant de venir à ce dernierremede.

D’abord on imagina d’appeller du saintsiégé au saint siégé apostolique, commefit le roi Philippe Auguste lors de l’in-terdit fulminé contre son royaume parInnocent III.

Dans la fuite on appella au futur con-cile, ou au pape mieux avisé, ad papammeliùs confultum , comme fit Philippe-le-Bel , qui appella ad concilium de proximocongregandum , Si ad futurum verurn Selegitimurn pontijicem , Si ad illum feu ad

L