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Tome premier.
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beaucoup dans les différens sujets , ct cen'eíl qu’en prenant les termes moyens qu’onles a déterminées. Par exemple, il naît desen kans de vingt-deux pouces & de qua-torze ; on a pris dix-huit pouces pour leterme moyen, il en est de même des autresmesures , mais quand il y auroit des va-riétés dans chaque mesure particulière, celaseroit indifférent à ce que M. de Buffon ,d’où ces observations lont tirées , en veutconclure. Le rélultat fera toujours que lefœtus croît de plus en plus en longueurtant qusil est dans le sein de la mere : maiss’il a dix-huit pouces en naissant,il ne gran-dira pendant les douze mois suivansque destx ou sept pouces au plus ; c’est-à-dire ,qu’à la fin de la premiere année il auravingt-quatre ouvingt-cinq pouces; à deuxans, il n’en aura que vinge-huit ou vingt-neuf; à trois ans, trente ou trente-deux auplus , & ensuite il ne grandira guere qued’un pouce & demi ou deux pouces paran jusqu’à Page de puberté : ainiì le fœtuscroît plus en un mois fur la fin de sonséjour dans la matrice , que Pensant necroît en un an jusqu’à cet âge de puberté ,où la nature semble faire un effort pourachever de développer Ss de perfectionnerson ouvrage , en le portant , pour ainíidire , tout-à-coup au dernier degré de sonaccroissement.

Le fœtus n’est dans son principe qu’unegoutte de liqueur limpide, comme on leverra ailleurs ; un mois après toutes lesparties qui dans la fuite doivent deveniroffenses , ne font encore que des cellulesremplies d'une elpece de colle très-déliée.Le fœtus passe promptement du néant, oud'un état lî petit que la vue la plus sine nepeut rien appercevoir , à un état à'accrois-sement li considérable au moyen de la nour-riture qu’il reçoit du suc laiteux , qu’il ac-quiert dans l’eípace de neuf mois la pesan-teur de douze livres environ , poids dontle rapport est certainement infini avec celuide son premier état. A u bout de ce terme,exposé à l'air, il croît plus lentement, & ildevient dans l’espace de vingt ans environdouze fois plus pesant qu’il n’étoìt, & troisou quatre fois plus grand. Examinons lacause & la vitesse de cet accroissement dansles premiers temps, ct pourquoi il n’est pas

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aussi considérable dans la fuite. La facilitésiu'prenante qu’a le fœtus pour erre étendu,fe concevra si on fait attention à la naturevisqueuse & muqueuse des parties qui lecomposent, au peu de terre qu’elles con-tiennent , à l’abondance de Peau dont ellesfont chargées, enfin au nombre infini deleurs vaiílèaux, que les yeux ct l’injectiondécouvrent dans les os,dans les membranes,dans les cartilages , dans les tuniques desvaiflèaux , dans la peau, dans les tendons,&c. Au lieu de ces vaisseaux , on n’observedans Padulte qu’un tissu cellulaire épais, ouun suc épanché ; plus il y a de vaisseaux,plus \’accroissement est facile. E11 effet lecœur alors porte avec une vitesse beaucoupplus grande les liquides;ceux qui font épan-chés dans le tissu cellulaire s’y meuvent len-tement , & ils ont moins de force pourétendre les parties. Il doit cependant y avoirune autre cause; savoir,la plus grande forcect le plus grand mouvement du cœur quîloir dans le rapport des fluides & des pre-miers vaisseaux: ce point saillant déja vivifiédans le temps que tous les autres viscèresdans le fœtus, & tous les autres solides ,11e font pas encore sensibles , la fréquencedu pouls dans les jeunes animaux, & la né-cessité , nous le font voir. Effectivementl’animal pourroit-il croître, si le rapport ducœur du tendre fœtus à ses autres patries ,étoit le même 'que celui du cœur de l'a-dulte à toutes les siennes ? La force incon-nue , quelle qtPelIe puiífe être , qui met lesparties des corps animés en mouvement,paroît produire un plus grand effet dans lefœtus que dans l’adulte , dans lequel tousles organes des sensations s’endurciffent,tandis qu’ils sont extrêmement rendres ÔCsensibles dans le fœtus ? Telles lont l’ceit,l’oreille , la peau , le cerveau même. Cecine peut-il pas encore s’expliquer, en ce quele fœtus a la tête plus groffe , par le rapportplus grand des nerfs des jeunes animaux aureste de leurs parties ?

Ne doit-il donc pas arriver que le cœurfaisant effort contre des vaisseaux muqueux,il les étende aisément ; de même que lctissu cellulaire qui les environne,& les fibresmusculaires arrosées par des vaiflèaux ? Ortoutes ces parties cèdent facilement, parcequ’elles renferment peu de terre , & qu’au

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