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intéressé luìordonne pour expiation, d'allerenlever la statue de Diane profanée dans laTau ri de.
Oreste prend congé d’Electre : il ne veutpas que Pilade le suive; Piladene veut pointl'abandonner : ce jeune prince quitte unpere accablé de vieillesse , dont il est l’ap-pui, une mere tendre dont il fait les délices,& qui tous deux l’encouragent, en le baig-nant de larmes, à suivre un ami malheu-reux. Oreste , présent à leurs adieux , fesent déchirer le cœur aux noms de fils, depere & de mere.
U s’embarque avec son ami; Lc si le petitvoyage d'Ulysse 8c d'Enée est traversé partant d’obstaclés , quelles ressources n'a pasici le poète pour varier celui d'Oreste ?Qu'on s’imagine feulement qu'il parcourtla mer Egée , où Ion pere & tous lesItéras delaGrece ont été fi long temps lejouet des ondes ; qu'il la parcourt à la vuede Scyros , où l'on avoit caché le jeuneAchille ; à la vue de Lernnos, où Phi-loctete avoit été abandonné ; à la vue deLesbos, où les Grecs avoient commencéde signaler leur vengeance ; à la vue durivage de Troie , dont la cendre fume en-core ; qu'il a l'Hellespont, la Propontide8c l'Euxin à traverser , pour arriver dansla Tauride. Quelle carrière pour le géniedu poète 1
Aux incidens naturels qui peuvent retar-der tour-à-tour & favoriser l’entreprised'Oreste, ajoutez la haine des Dieux, enne-mis du sang d'Agamemnon , la faveur desDieux qui le protègent, les furies attachéesaux pas d'Oreste , 8c qui viennent l'agitertoutes les fois qu'il veut s'oublier dans lesplaisirs ou dans le repos. Tous ces agenssurnaturels vont mêler à Yaâion du poèmeun merveilleux déja fondé fur la vérité rela-tive , & adopté par l'opinion.
Cependant Thoas épouvanté par la voixdes Dieux , qui lui présage qu’un étrangerlui arrachera le sceptre & la vie, Thoas or-donne que tous ceux que leur mauvais fortou leur mauvais dessein ameneront dans laTauride , foienr immolés fur l'autel deDiane. Iphigénie en est la prêtresse ; ellea horreur de ces sacrifices ; & après avoiremployé tout ce que l'humanicé a de plustendre , & la religion de plus touchant
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pour fléchir Pâme du tyran ; « Non, Iuï-> dir-elle , Diane n’est point une divinité'> sanguinaire,& qui le sait mieux que moi?»Alors elle lui raconte comment destinéeelle-même à être immolée fur son autel ,elle a été enlevée par cette divinité bien-faisante. “ Jugez , conclut Iphigénie , si» Diane se plairoit à voir couler un sang» qu'elle ne demande pas, puiíqu'eile n'a» pu voir répandre le seng qu'elle avoit» demandé par la voix même des oracles. »Le tyran persiste. Oreste Ôí Pylade abordentdans ses états; ils sont arrêtés , conduits àl’autel, & le poème est terminé par la tra-gédie à?Euripide, dom je n'ai fait jusqu’icique développer Pavant scene.
On voie par ce exemple , que Yaâionde l'épopée n’est que Yaâion de la tragédieplus étendue & prise de plus loin.
Le Tasse ne pensoit pas ainsi. II po'émaheroïco , dit-il, e una imitationt de attioneillujlre , grande e perfetta , satta narrandocon altijjimo verso , affine di mover gli ani-mi con la maraviglia , e di giovar dilet-tando. Il regarde le merveilleux comme lasource du pathétique de l’épopée ; 8c laiilancà la tragédie la terreur 8c la pitié , il réduitle poème héroïque à l’admiration , le plusfroid des sentimens de Pâme. S’il eut misfa théorie en pratique , son poème n’auroicpas tant de charmes. Quelque admirationqu'inspive l'héroïsme , quelque surprise quenous cause le merveilleux répandu dans lesfables d'Homere , de Virgile & du Taílelui-même, l’intérêt en se roi t bien foiblefans les épisodes terribles 8c touchans quile raniment par intervalle, & ces poètesPont si bien senti, qu’ils ont eu recours àchaque instant à quelque nouvelle scenetragique. Retranchez de i'Iliade les adieuxd'Andromaque&td’Hector, la douleur d’A-chille sur la mort de Patrocle, & son en-trevue avec le vieux Priam ; retranchezde l'Enéide les épisodes de Laocoon & deses enfans , de Didon , de Marcellus ,d’Euriale , & de Pallas ; retranchez de laJérusalem la mort de Dudon , celle deClorinde, l’amour & la douleur d’Armide,8c voyez ce que devient l'intérêt de Yaâionprincipale, réduite à l’admiration qwe peutcauser le merveilleux des faits ou la beautédes caractères. On se lasse bientôt d'admircr