ADJ
esprit ; & dans la suite, comme Pon trouveces connoisiances toutes formées, quelquesPhilosophes se sont imaginé qu'elles naif-fbient avec nous : ce qui veut dire qu’envenant a u monde nous (avons ce que c’estque l’infini, le beau, le parfait, à'c. cequi est également contraire à Inexpérienceà à la raison. Toutes ces idées abstraitessupposent un grand nombre d’idées parti-culières que ces mêmes Philosophes comp -tent parmi les idées acquises: par exemple ,comment peut-on savoir qu’/7 saut rendreà chacun ce qui lui es dû , si l’on ne saitpas encore ce que c’est que rendre , ce quec'est que chacun & qu’il y a des biens & deschoses particulières, qui, en vertu des loixde la société, appartiennent aux uns plutôtqu'aux autres ì Cependant fans ces con-noiífances particulières,que ces Philosophesmême comptent parmi les idées acquises,peut-on comprendre le principe général ;
Voici encore d’autres adjectifs métaphy-siques qui demandent de Inattention.
Un nom est adjectif quand il qualifieun nom substantif : or qualifier un nomsubstantif, ce n’est pas seulement dire qu’ilest rouge ou bleu , grand ou petit , c’est en'fixer l’étendue , la valeur , l’acception,étendre cette acception ou la restreindre ,cn sorte pourtant que touiours l ‘adjectif &le substantif, pris ensemble, ne présententqu’un même objet à l’esprit ; au lieu quesi je dis liber Pétri , Pétri fixe à la véritél’écendue de la signification de liber : maisces deux mots présentent à l’esprit deuxobjets différens, dont l’un n’est pas i’autre ;au contraire , quand je dis le beau livre ,il n’y a là qu’un objet réel, mais dont j’é-nonce qu’il est beau. Ainsi tout mot quifixe l’acception du substantif, qui cn étendou qui en restreint la valeur, & qui ne pré-sente que le même objet à l’esprit, est unvéritable adjectif Ainsi nécessaire , acci-dentel , possible , impossible , tout , nul ,quelque , aucun , chaque , tel , quel ,certain , ce , cet , cette , mon , ma , ton ,ta , vos , votre , notre , & même le , la ,le s , sont de véritables adjectifs métaphy-siques puisqu’ils modifient des substantifs,&îes font regarder sous des points de vueparticuliers. Tout homme présente hommedans un sens général affirmatif : nul homme,Tome I,
ADJ 505
l’annonce dans un lens général négatif :quelque homme rre'ente un sens particulierindéterminé : Jvn , fa , fes , vos > &c.font considérer le substantif sous un sensd’app.irtenance & de propriété ; car quandje dis meus enfis , meus est autant simpleadjectif qu’ Evandrius , dans ce vers deVirgile :
Nam ri bi , Timbre , caput Evandriusabfulit enfis.
AEn. Liv. X. v. 394.
meus marque l’appartenance par rapport àmoi, & Evandrius la marque par rapportà Evandre.
11 faut ici observer que les mots changentj de valeur selon les différentes vues quel’usage leur donne à exprimer ; boire,1 manger , sont des verbes ; mais quand on; dit le boire , le manger , Scc. alors boire&C manger sont des noms. Aimer est: un; verbe actif : mais dans ce vers de Poperad’Atys,
J'aime , c est mon deflin d'aimer toutema vie.
aimer eh pris dans un sens neutre. Mien ,rien , sien , étoient autrefois adjeâifs ; ondisoit sien frere , un mien ami : aujout-d’hui, en ce Cens , il n’y a que mon , ton,son , qui soient adjeâifs ; mien , tien ,sien , sont de vrais substantifs de la dalledes pronoms , le mien , le tien , le fie/t,I La discorde , dit la Fontaine , vint,
Avec Que fi-que non , son frere ;
Avec Le tien-le mien , son pere.
Nos , vos , font toujours adjectifs : maisvotre , notre , sont souvent adjectifs , & sou-vent pronoms , le vôtre , le notre. Vous <S»les vôtres ; voilà, le vôtre , voici le fi e/l H.le mien : ces pronoms indiquent alors desobjets certains dont on a déja parlé. Voye çPronom.
Ces réflexions servent à décider si cesmots Pere , Roi, 8 c autres semblables,sont adjeâifs ou substantifs. Qualifient-ils ?ils sont adjeâifs. Louis XVI est R 0 i , Jloiqualifie Louis XVI ; donc Roi est-là adjec-tif Le Roi est à l’armée : le Roi désignealors un individu : il est donc substantif.Ainsi ces mots sont pris tantôt adjective-
Sss