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Tome premier.
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5^8 ADÒ

C’est dans l’histoire des Goths & desLombards qui setablirentsuccesfivementenItalie, qusil est; plus souvent fait mention decette adoption militaire , dont l’usage a pupaííer par eux à la cour des empereursRomains. Procope est le premier qui enaitparlé.

Ccbades , roi de Perse , voulant placerfur le trône Cosroës, le plus jeune de festrois fils, songea à lui procurer l’appui dePempereur d’Orient, Justin. Il propo'a à ceprince, contre lequel il émit en guerre, d’a-doptet Cosroës. Justin auroit saisi avec joiecette occasion de terminer une guerre fâ-cheuse , li on ne lui eíir fait observer queYadoption juridique des Romains donneroità Cosroës des droits fur l’empire. On pro-posa au Persan de l’adopter par les armesà la maniéré des Barbares ; ce que Cosroësrefusa avec mépris, & la guerre continua.

Les adoptions militaires fe faisoient parla tradition des armes , en donnant ou en-voyant à celui qu’on adoptoit, différentesfortes (Parmes ou d'instrumens de guerre ,

quelquefois en le revêtant ou le faisantrevêtir par des Ambassadeurs,d’une armurecomplété ; car les adoptions n’écoient enusage que chez les souverains. Elles étoientordinairement accompagnées de préfensplus ou moins considérables, suivant lacirconspection ou les personnes.

Elles donnoient les noms de pere & defils, comme Y adoption romaine, & Pon ícfaisoit un honneur de prendre ces noms dansles souscriptions des lettres, & dans les actespublics. Telle émit l'idée qu’on avoit chezles Goths & chez les Lombards de cetteadoption. Elle émit regardée comme le pre-mier degré d’honneur de la milice. Leurs roisiPadmettoient point leurs fils à leur table ,qu’ils n'eussent été adoptés par quelque prin-ce étranger ; & ceux-ci alloient chercher cethonneur jusques chez les princes ennemis.

C’est ce que fit Alboin , fils d’Audoin ,roi des Lombards ; il alla se faire adopterpar le roi des Gepides, & devint ion fils parla tradition des armes. L’usage de cetteadoption chez les Lombards a fini avec leurmonarchie, détruite par Charlemagne ;mais depuis ce temps on en trouve encoredes traces chez les empereurs d’Orient.

Godefroi, duc de la balle Lorraine ( , con-

A D O

duisant en 1096 à la Terre-Sainte une arméede croises, se rendit au palais des Blaquernesprès Constantinople , où l’cmpereur Alexis,poupl’attacher à ses intérêts, l’adopta pourson fils, en le faisant revêtir des habits im-périaux avec toute la folemnité & la cou-tume du pays. La valeur de Godefroi, l’u-sage des empereurs d’Orient d’adopter ainsiles princes étrangers, les circonstances del’entreprilë de la Croisade , tout annonceune cérémonie guerriere.

Le prince d’Edesse adoptant de cette ma-niéré Baudoin , frere du même Godefroi,le fit entrer nu sous fa chemise , & le serrafortement entre ses bras, pour signifier qn’ille tenoit comme sorti de lui. Mais il n’estpas facile de décider si quelques rois despremières races ont été adoptés par lesarmes, par quelqu’autre prince, s’ilsont faituíage de cette adoption , & s’ils ont adoptéeux-mêmes des princes de leur sang ou desétrangers. On trouve différens monumenshistoriques qui constatent que les rois deFrance ont été adoptés par des princesétrangers. On trouve une adoption militairede Théodebert par Justinien, dans unemédaille du premier,

A l’cgard des adoptions faites par les roisde Frahce , les historiens parlent distincte-ment de deux forces d 'adoptions dont ilsfirent usage, L’une par la barbe , l’autre parles cheveux. Uadoptionpav la barbe fe fiai—foie en touchant la barbe de celui qu’onadoptoit, ou en cii coupant 1 extrémité.

Par un traité de paix entre devis &Alaric , il fut conclu qu’Aiaric toucheroit labarbe de Clovis , & deviendrait par-là sonparrain , ou son pere adoptif. Cer accom-modement n’eut point lieu , parce que lesGoths vinrent armés à la conférence, &Clovis continua la guerre. Ceci fe paííaà la bataille de Vouillé.

Les adoptions par les armes doivent leurorigineaux Goths ou aux Lombards : l’usageen a ceíîé en Italie à la destruction de leurmonarchie : Sc il a duré en Orient jusqu’autemps où commencerent les ordres de che-valerie. ( t ' )

* ADOR L- ADOREA , C Myth. )gâteaux faits avec de la farine & du sel,qu’onoffroit en sacrifice; & les sacrificess’appelloient adorea sacrijiáa.

ADORATION,