A G IN
Est^e sens-là je comprends ce que c’estque produire ; j'entendrai avec la mêmefacilité ce que c’est qu’ç^er, en disant quec'est f être dont la substance a été tirée decelle d’un autre avec de nouvelles modifica-tions ou circonstances ; car s’il ne íurvenoitpoint de nouvelles modifications, la subl-tance communiquée ne distereroit plus decelle qui communique.
Quand une lubstance communique ainsi]à une autre quelque chose de ce qu’èlle est ,nous dilons qu’elle agit : mais nous ne lais-sons pas de dire qu'un être agit en bien d’au-tres conjonctures, où nous ne voyons pointqu'une substance communique rien de. cequ’elle est.
Qu'une pierre se détache du haut d'unrocher , & que dans sa chute elle pousteune autre pierre qui commence de la forteà descendre , nous disons que la premierepierre agit fur la seconde : lui a- 1 -elle pourcela rien communiqué de sa propre subs-tance ; C'est , dira-t-on le mouvement dela premiere'qui s'est communiqué à la se-conde ; 6c c'est par cette communicationde mouvement que la premiere pierre est‘dite agir. Voilà encore de ces discours oùl’on croit s’entendre , ct où certainementon ne s’entend point aster ; car enfin com-ment le mouvement de la premiere pierrese communique-t-il à la seconde , s’il ne secommunique rien de la lubstance de lapierre ? ctest comme li l’on disoit que larondeur d’un globe peut se communiquerà une autre lubstance , sans qu’il se com-munique rien de la substance du globe. Lemouvement est-il autre chose qu'un purmode ; ct un mode est-il réellement ct physi-quement autrechose que la substance mêmedont il est mode ?
De plus , quand ce que j'appelle en moimon a me ou mon esprit ; de non pensantou de non voulant à l’égard de tel objet ,devient pensant ou voulant à l'égard de cetobjet ; alors d'une commune voix il est ditagir. Cependant ct la pensée ct la volitionn’étant que les modes 4e mon esprit, n'ensont pas une substance distinguée : ct par cetendroit encore agir, n'est point communi-quer une partie de ce qu'est une substance;t une autre substance.
De même encore, si nous considérons
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Dieu en tant qu’ayant été éternellement leieul être , il se trouva par sa volonté avec.d’autres êtres que lui, qui furent nomméscréatures ; nous disons encore par-là QueDieu a agi : dans cette action ce n’est pointnon plus la lubstance de Dieu qui devintpartie de la lubstance des créatures. On voie-par ces différens exemples que le mot agirforme des idées entièrement differentes : co>qui est très-remarquable.
Dans le premier, agir signifie seulementce qui se paste quand un corps en mouve-ment rencontre un second corps, lequel àcette occasion est mis en mouvement, oudans un plus grand mouvement, tandis quele premier cesiè d'être en mouvement, oudans un si,grand mouvement.
Dans le fécond , agir signifie, ce qui sepasse en moi , quand mon ame prend unedes deux modifications dont je sens par ex-périence qu'elle est susceptible , ct qui Rap-pellent pensée ou volition.
Dans le troisième , agir signifie ce quiarrive, quand en conséquence de la volontéde Dieu il se fait quelque chose hors de lui.Or , en ces trois exemples, le mot agir ex-prime trois idées tellement différentes, qu’ilne s'y trouve aucun rapport, sinon vague& indéterminé , comme il est aisé de levoir.
Certainement les Philosophes, & en par.ticulier les Métaphysiciens , demeurent icien ~beau chemin. Je ne les vois parler oudisputer que d ‘agir & à'aclion ; & dansaucun d’eux-, pas même dans M. Locke, quia voulu pénétrer jusqu’aux derniers replis del’entendement humain , je ne trouve pointqu'ils aient pensé nulle part à exposer ce quec’est qu'ízipr.
Pour résultat des discussions précédentes,disons ce que l’on peut répondre d'intelligi-ble à la question. Qu'cst-ce qu’^ó- ? j e disque par rapport aux créatures, agir est, engénéral , l‘t disposition d'un être en tant quepar son entremise il arrive aclûellement quelquechangement ; car il est impossible de conce-voir qu’il arrive naturellement du change-ment dans la nature, que ce ne soit par unêtre qui agi fié ; ct nul être créén’sl^vr, qu'iln'arrive du changement,ou dans lui-même,ou au dehors.
On dira qu’il s’ensuivroic_que la plume