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suffisant plus à nourrit les peuples si nom-breux , on se vit forcé de revenir à laculture des terres , d'éclaircir les forêts, 1de défricher les landes : ces vastes solitudes,ces déíerts affreux commencerent à êtrecultivés ; mais cette culture se reffentoit del’ignorancedes siécles grossiers ; elle n etoitfondée que fur des connoistances bornéesde la nature , fur une routine aveugle Siincertaine. La physique & l'histoire natu-relle , qui étoient inconnues alors, étoientseules capables de faire appercevoir l'in-fuffilance de ces méthodes. Lorsque leschamps ne produifoient que des blés stéri-les ou charbon nés , par le défaut du choixou de la préparation des semences , onaccu soit les démons d'avoir mangé les grainsdans l’épi , ou de les avoir brûlés Sc con-vertis en charbons. D'ailleurs le maître neveilloit pas à ses héritages ; des mains mer-cenaires , les serfs seuls étoient chargés dece foin ; & , parce que les vues de cescspeces .d'hommes font toujours bornées ,il y eut peu de progrès. On étoit encorebien loin du vrai, lorsque les Normandsen firent perdre jufqu'à l’idée. Ce fut untorrent affreux qui inonda la France ; &ces nouveaux barbares ^épargnèrent quece qui fut inaccessible à leur goût destruc-teur. Le régime féodal qui s'introduisitdans ce temps, acheva de détruire ce quela fureur des Normands avoir épargné :tout fut replongé dans le chaos Sc l'ignc-rance ; & c'éroit fait de la France, si laBourgogne n'eût nourri dans son sein unenouvelle race de rois, qui réparèrent lespertes de la monarchie , & lui donnerentun nouveau lustre qu'elle n'avoir pas eujusqu'alors.
Plusieurs causes retardoient les progrèsde YAgriculture Si des Arts : dans les com-mencemensde la troisième race, le royau-me n'étoit gouverné que comme un grandfief tout composé de hauts barons , nepetits seigneurs &: d'esclaves- Parmi lesrestes gothiques d’un gouvernement mili-taire , on ne faisoit cas que des talens pro-pres à la guerre. La France hérissée deforteresses, n’ossroit par-tout qu’un aspectmenaçant ; les arts nécessaires pours'opposer à la violence , étoient presqueles seuls en vigueur. L 'Agriculture déccu-
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ragée par ['incertitude des possessions -, parla difficulté des exploitations, par la foi-blesse des récoltes , languístoit ou n'avoitqu'une existence éphémère ; la terre om-bragée par des forêts immenses , présentoirpresque par-tout des plaines incultes , des-landes stériles , des coteaux arides & desprairies couvertes de buissons. Elle se re-fusoit souvent à nourrir les habitans ; l’in-digence extrême de la plupart des Fran-çois les obligeoit à le contenter des alimens-de la plus mauvaise qualité, pris plus sou-vent dans le régné animal , que dans lerégné végétal : des viandes froides saléesou boucanées ; des postions, du-fromage ,du lait,Le quelques légumes grossiers étoientles principaux alimens. Toute police étoitméconnue ; on n'avoit pour objet que dese précautionner contre les ennemis du 1dehors. Forcé , pour défendre fa vie contreles attaques imprévues des ambitieux on-des injustes , de se renfermer dans deschâteaux forts, ou dans des villes , le Fran-çois étoit obligé d’abandonner la culturedes campagnes , & voyoit se multiplierautour de lui les causes de mort. Des murstrès-élevés rendoient son habitation pres-que impénétrable à l’aìr : des foliés bour-beux , des marais & des terres inondées rem--plissoient continuellement l'athmofpheredes vapeurs infectes. Dans les villes, des-rues étroites Sc non pavées, augmentoientencore ['Infection d'un air qui ne pouvoit-pas être renouvelle. Aussi les pestes Si les répidémies étoient-elles très-fréquences. Lalepre , les maladies cutanées, le feu sacré ,.le mal des ardents, le scorbut, &c. rava--geoient le royaume , de concert avec lesfamines que l'on éprouvoit souvent. Oncompte dix famines dans le dixieme siecle ,Sc vingt-six dans le onzième ; & ces famines-étoient assez cruelles pour obliger à manger:île la chair humaine, pour forcer , dansl'in--tension d'assouvir fa faim , à déterrer les *morts , à donner la chaste aux vivans, fi’c.(Voye^ le discours de M. Morret couronné:d Amiens en 1771.) Malgré tous ces fléaux,,les préjugés de la nation contre Y Agricul-ture , qui pouvoit feule mettre sin à tantde maux, étoient à leur comble. La cul-ture des terres étoir abandonnée à une;elpece d'eíclaYes.avilis.;. & tout ['avilisse---