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mêmes ; on n’y trouve plus ces parfums ,cet or, ces perles, ces épiceries dont lasource est épuisée , ou dont l’existencepourroit bien n’être qu’imaginaire : ces ri-che stes paraissent avoir été autant de pro-ductions des Indes & des côtes d’Afrique ,où les Egyptiens alloient les chercher poul-ies répandre chez les peuples d’occident ; Stcomme il étoit de l’intérêt de cacher lasource de leur abondance , ils aimoientmieux faire croire qu’ils commerçoient enArabie , où l’on ne pouvoir pénétrer , fansexposer sa vie dans les sables St la poustìeredes deferts. Homere , dans l’énumérationqu’il fait des peuples commerçans, ne faitaucune mention des Arabes : ce font lesEuropéens qui les ont tirés de l’oubli ; ilsont traversé les mers croyant y trouver lasource de toutes les richesses , St ils n’enont rapporté que le café , qui est devenu unbesoin pour les peuples policés , St qui estun bien réel pour le pays qui le produit.
La principale richeste de Y Arabie con-siste dans ses troupeaux , fit l'ur-tout dansles efpeces qui n’exigent pour se nourrir quedes herbes succulentes. La vache y donnepeu de lait , St la chair du boeuf qui ,comme elle , se plaît dans de gras pâtu-rages , est insipide St fans suc. Le veaugras étoit un mets raréfie recherché , qu’onréservoir pour les festins de l’hofpitalité.Le mouton , le chameau décorent les ta-bles les plus délicates. Le cochon y est rare,parce qu’il auroit peine à se multiplier dansun pays qui fournit à peine des subsistan-ces à ses habitans, où l’on trouve peu depâturages fit de bois , de racines fit deterres labourables : presque tous les législa-teurs de l’orient ont défendu des’en nourrirparce que, outre que la chai? en est fasti-dieuse St dégoûtante , elle est encore nui-sible à la santé : ces animaux sujets à laladrerie , qui est contagieuse , pourroientla communiquer aux troupeaux dont lachair sert de nourriture aux hommes. IIfalloir que Y Arabie , malgré la stérilité deson sol , fut surchargée de troupeaux ,puisqu’elle en faisoit un grand objetde com-merce avec ses voisins ; mais on fait que ,dans tous les climats brûlans, il se fait uneplus grande consommation de fruit? que deviandes. Le bétail n’étcit pas son unique
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richesse ; on a beaucoup vanté {'excellencede ses dattes , la suavité de ses parfums , legoût délicieux de ses fruits > la beauté deson ébene fit de son ivoire. Toute l’anti-quité dépose que les Tyriens y puisoienteesmonceaux d’or qu’ils étaloient comme signede leur puistànce : c’étoit , dit-on , dansles provinces méridionales , que germoitce précieux métal dont les habitans fai-soient des tables , des sieges fie des lits ; ikouvroient les entrailles de la terre , d’cù ilsen tiroient des morceaux de la grosseurd’une noix. Hérodote fait mention d’uneriviere qui rouîoit tant d’or , que ses eauxportoient tout l’éclat de ce métal : ces ri-chesses étoient inutiles á ces possesseurs, quipréféraient une indigence paresseuse, à desbiens qu’il falloit acquérir par un travailpénible. Un nombreux troupeau leur pa~roisibit une richesse plus réelle que desperles St des diamans , que la nature aenfoui dans le sein de la terre , comme sielle eût prévu qu’ils seraient les alimensde nos maux fit de nos crimes.
L ’Arabie est infestée de toutes les bêtesféroces, qui préfèrent aux terres humides ,les sables brûlans fit les montagnes arides eelles établissent leur demeure dans les ca-vernes des montagnes, dans les fentes desrochers , ou dans des tanières qu’elles secreusent elles-mêmes. Ces rois solitairesexercent un empire absolu dans les déserts vdont l’homme fier de ses titres , n’est quele monarque dégradé. Mais si les lions vles tigres, les hyenes, les panthères fit lesléopards , exercent avec impunité leursravages «dans les déserts , on trouve dansles montagnes d’autres animaux qui , quoi-qu’ausîì féroces, produisent de grandsavantages pour le commerce ; tels sont leschats musqués , la civette , la belette odo-rante , lagenette, le chevreuil de musc, ècplusieurs autres que l’éducation dépouillede leurs inclinations féroces , fit que l’ba-bitude accoutume à la discipline domesti-que. Ces animaux portent auprès des par-ties de la génération , un sac dans lequelsc filtre une humeur odorante , dort onfait des pommades fit des parfums forerecherchés. Les anciens , qui en connoif-soient la vertu stimulante , en composoientdes philtres. Les peuples de l'orient usent