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bien décidée pour la culture de l'efprit &du cœur, puisque cet art sait reproduireà sa maniéré toutes les impressions avanta-geuses que la beauté d’une contrée peutexciter.
Que celui qui a quelque goût pour l’or-dre, la beauté, la magnificence des objetspurement matériels & inanimés, prenne Lapeine de lire la rélatibw que Pausanias nousa donnée de la ville d’Athènes , 8c qu’ilsalle ensuite réflexion aux effets que le sé-jour d’une telle ville a dû produire íur unathénien. Ce seroit bien peu connoître lanature de Phomme, que de ne pas sentircombien de pareils objets ont dû contribuerefficacement à annobíir les sentimens. Si lanation la mieux logée n’est pas précisémentla plus parfaite ; h dans des pays où l'onne voit que des misérables cabanes , onrencontre de hommes qui ne: font rienmoins que barbares, il n'en fàut pas con-clure que cette nation-là ne doive rien à labeauté de son archi teSure , ou que l’habi-t^t de ses cabanes n’en seroit pas pluserfcctionné pour avoir senti l’heureuse in-uence de ci t art. En mr mot, auroit-ontort de soutenir que Yarchiteâure soit detous les beaux arts le plus utile à la culturede l’homme, mais on auroit également tortde ne pas reconnoitre que cet art peut effi-cacement concourir avec les autres à cetobjet le plus important de tous. ■
L’tstence de Yarchiteâure , en considé-rant cet art comme une production dugenie dirigé par le bon goût , consiste àdonner aux édifices toute la perfection sen-sible , ou esthétique , que leur destinationcomporte. Perfection, ordre, convenancedans la distribution intérieure; beauté dansla figure , caractère aflortistant, régularité,proportion , bon goût dans les ornemensau-dedsns & au-dehors; voilà ce que l'ar-chitecte doit mettre dans tous les bâtimensqu’il veut construire.
Dès qu'on lui en aura indiqué la desti-nation précise, c’est à lui à trouver le nom-bre des pieces principales, 8c à donner àchacune la grandeur la plus convenablepour l’usage auquel elle est destinée ; il doitensuite distribuer ces pieces principales, &les réunir en un tout, de maniéré que cha-que piece ait la place qui lui convient le.
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mieux , 8c qu’en même temps le tout pré-sente au - dedans & au-dehors un édificebien-entendu, commode , qui réponde àson genre, & à sa destination ; dont laforme plaise aux yeux , & qu’il n’y ait au-cune partie qui, jusque dans le petit détail,ne soit telle précisément que son usage ledemande ; qu’on voie rcgnerdans l’ouvrageentier l’inteliigence , la réflexion & le bongoût : qu’on n’y apperçoive rien d’inutile ,d’indécis, de confus ou de contradictoire ;que l’œil attiré par la forme gracieuse del'ensemble soit dirigé dès sabord vers lesprincipales parties ; qu’il les distingue fanspeine , 8c qu’après les avoir considéréesavec plaisir , il s’arrête fur les parties dedétail, dont l’usage, la nécessité , 8c lejuste rapport au tout, se fassent aisémentsentir. Qu’il y ait dans l’ensemble une telleharmonie, un tel équilibre entre les par-ties , qu’aucune ne domine au préjudicedes autres ; & que rien de défectueux oud’imparfàit n’interrompe désagréablementl’attention. En un mot, il fàut qu’on dé-couvre dans un bâtiment parfait , autantque la nature de l’objet peut le permettre,la même íàgestè, le même gout,i que l’onadmire dans la structure intérieure 8c exté-rieure du corps humain, lorsqu’il est sansdéfauts.
La nature est donc la véritable école del’architecte comme de tout autre artiste.Tout corps organisé est un édifice , cha-que partie est parfaitement propre à l’usageauquel elle est destinée ; toutes ces partiesont entr’elles la liaison la plus intime, 8cen même temps la plus commode ; l’en-semble a dans son espece la forme extérieurela mieux choisie; des proportions justes ,une exacte symmétrie des parties ; le lustre8c la distribution des couleurs en font untout agréable. Tout bâtiment parfait doitréunir les mêmes perfections ; on en pour-roit donc conclure,avec quelqu’apparencede raison, que l’invention & le génie sontdes qualités plus nécessaires encore à l'ar-chitecte qu’au peintre ; celui-ci, par unesimple imitation scrupuleuse de la nature,peut déja produire un bon ouvrage ; l’au-tre, au contraire , n’imite point les œuvresde la nature, il n’en imite que l’efprit &le génie, 8c ce genre d’imitation suppose
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