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tore. Il nous fait connoître qu’il avoir écritd’afhples commentaires fur le livre cf Aris-tote de VInterprétation, Sc composé un li-vre de la division, qu’on explique en lo-
E 'ique après la définition, & que son amie patrice Boëce, qu’il appelle homme ma-gnifique , ce qui étoit un titre d’honneuren ce temps , avoir l’introduction de Por-phyre , les catégories d’Aristote, son livrede l’interprétation , & les huit livres destopiques. Si du septieme siecle , je paíse auhuitième Sc au neuvieme, j’y trouve Pho-tius, patriarche de Constantinople, donttous les íàvans anciens & modernes ont faitl’éloge à l’envi les uns des autres : cet hom-me dont l’érudition étoit profonde, & laconnoiffmce de l’antiquité austì vaste quesure, ratifie le témoignage de íaint Justin,Sc nous apprend que les livres, qu’il avoirécrits fur la physique d’Aristote, existoientencore ; que ceux du philosophe s’étoientaussi conservés, & il nous en dit mot à motle précis. On fait que saint Bernard , dansle douzième siecle, s’éleva si fort contrela philosophie d’Aristote, qu’il fit condam-ner sa métaphysique par un. concile : ce-pendant , peu de temps après , elle repritle dessus ; Sc Pierre Lombard, Albert leGrand , íaint Thomas, la cultivèrent avecfoin , comme nous Ballons voir dans la• fuite de cet article. On la retrouve presqueen entier dans leurs ouvrages. Mais quelsfont ceux à qui la supposition des ouvragesd’Aristote a paru vraisemblable ) Une foulede demi-íavans hardis à décider de ce qu’ilsn’entendent point, & qui ne font connusque de ceux qui font obligés par leur genrede travail , de parler des bons ainsi quedes mauvais écrivains. L’auteur le plus con-sidérable qui ait voulu rendre suspects quel-ques livres qui nous restent d’Aristote ,c’est Jamblique, qui a prétendu rejeter lescatégories : mais les auteurs , ses contem-porains , Sc les plus habiles critiques mo-dernes se sont moqués de lui. Un certainHandronicus Rhodien, qui étoit apparem-ment l’Hardouin de son siecle, avoir aussirejeté, comme supposés, les livres de l’In-terprétation : voilà quels font ces savansfur Pautorité desquels on regarde comme;apocryphes les livres d’Aristote. Mais, un ;savant qui vaut mieux queux tous, Sc
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qui est un juge bien compétent dans cettematière , c’est M. Leibnitz ; on voudrabien me permettre de le leur proposer.Voici comme il parle dans le second tomede ses Epîtres , pag. 11$ , de séditionde Leipsic , 1738 : " Il est temps de re-» tourner aux erreurs de Nizolius : cet» homme a prétendu que nous n’avions-- pas aujourd’hui les véritables ouvrages.« d’Aristote : mais je trouve pitoyable» l’objection qu’il fonde fur les pallages-- de Cicéron , & elle ne íauroic faire la« moindre impression fur mon esprit. Est-» il bien surprenant qu’un homme accablé» de foins, chargé des affaires publiques »-- tel qu’étoit Cicéron, n’ait pas bien com--- pris le véritable sens de certaines opi-» nions d’un philosophe très - subtil , Sc» qu’il ait pu se tromper en les parcou-» rant très-légerement ? Quel est l’homme-- qui puisse fe figurer qu’Aristote ait ap-» pelé Dieu l ‘ardeur du ciel? Si l’on croît» qu’Aristote a dit une pareille absurdité,-- on doit conclure nécessairement qu’il» étoit insensé : cependant nous voyons-- par les ouvrages qui nous restent, qu’A-» ristote étoit un grand génie ; pourquoi-- donc veut - on substituer par force, Sc» contre toute raison , un Aristote fou y-- à l’Aristote sage ? C’est un genre de cri--- tique bien nouveau & bien singulier ,-- que celui de juger de la supposition des» écrits d’un auteur, généralement regardé-- de tous les grands hommes comme un>- genie supérieur, par quelques absurdités» qui ne s’y trouvent point : ensorte que ,-- pour que les ouvrages d’un philosophe.-- aussi subtil que profond, ne passent point» pour supposés, il faudra déformais qu’on» y trouve toutes les fautes & toutes les im--- pertinences qu’on lui aura prêtées, soit» par inadvertance, soit par malice. Il est-- bon d’ailleurs de remarquer', que Cicéron-- a été le seul que nous connoiffons avoir-- attribué ces fèntimens à Aristote : quant-> à moi, je fuis très - persuadé que tous-- les ouvrages que nous avons d’Aristote ,» font constamment de lui ; &, quoique» quelques-uns aient été regardés comme» supposés, ou du moins comme suspects,» par Jean-François Pic, par Pierre Ram us,» par Patricius Sc par Naudé, je n en fuis
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