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Tome troisième.
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8c déchiré par des guerres étrangères ; cen’étoit au fond qu un prétexte : les Françoisne manquoient pas de généraux pour re-poufler l’ennemi du dehors, ni de ministrespour composer un conseil de régence. L’en-íunce n’étoit point un obstacle à l’élévationdes princes françois, 8c Louis le Débonnaireétoit encore au berceau, lorsque Charle -magne son pere lui donna le trône d’Aqui-taine : ce n’est pas le seul exemple qu’onpuiíse alléguer. Charles le Gros s’étant renduà Gondreville, y reçut leur hommage ; maisson nouveau sceptre prépara tous ses malheurs.Eudes ou Odon, comte ou gouverneur deParis le lui arracha presqu’austì-tôt. C’étoitun seigneur dont la valeur & les talens mili-taires étoient soutenus par toutes les grâcesde l’esprit & du corps. Arnoui , témoin dessuccès de cet usurpateur, ne balança pas« suivre la route qu’il lui avoit tracée. Sesémissaires , répandus dans la Germanie ,déclamèrent contre l’empereur que la fortuneabandonnoit ; les bruits les plus injurieuxinfectèrent les provinces, & annoncèrentfa chute prochaine; on peignoit Charles leGros , tantôt comme lâche 8c imbécille,tantôt comme tyran. Arnoui auteur deces bruits , étoit représenté sous les plusséduisantes couleurs dans les temps d’anar-chie ; ii est aussi difficile de trouver un princefans défauts 8c fans vices , qu’un préten-dant fans talens 8c fans vertus. Charles leGros voulut en vain arrêter les progrès de larévolte : on peut juger de l’audace & du pou-voir des grands, par la demande de leursdéputés. Ils osèrent demander à l’empereurqu’il eût à dé ligner sor le champ son suc-cèdent ; ajoutant que les vœux de la nationappelloienr Arnoui ; 8c que ce seroit exposerla Germanie aux malheurs d’une guerre civileque de faire un autre choix.

Cette députation audacieuse fît frémirCharles d’une juste indignation : il réponditqu’il étoit encore digne d’êcre leur roi, 8cqu’il vouloir vivre 8c mourir avec ce titre.Mais c’étoit en vain que ce prince prétendraitlutter contre fa destinée : un rebelle luiavoit ravi la France ; l’Italie , la Bourgogne,la Lorraine & l’Allemagne lui échappèrentdans un instant. On prétend qu’il conservatoujours le titre d’empereur 8c de roi d’Italie :ieuís quel roi qui u’oso même réclamer l'as-

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íîftancede ses prétendus sujets, 8c qui so voiecontraint de recourir à l’ennemi qui luiravit son trône , & de mendier auprès delui des secours pour fournir à ses premiersbesoins! Charles obtint à peine d ‘Arnoui lerevenu de trois villages , 8c avant d’en jouiril manqua d’expirer de misere.

Arnoui , après avoir réduit l’empereurson oncle aux plus affreux malheurs, serendit à Ratisbonne , où les seigneurs 8cles prélats de Germanie vinrent lui rendreun hommage , qu’ils prétendirent avoir ledroit de révoquer. L’empire ou la royautéavoit été jusqu alors un propre dans Upersonne des princes françois ; ce ne futplus qu’un fief amovible , 8c dépendant d*caprice des seigneurs. C’étoit une consé-quence nécessaire de l’acceptation d’ Arnoui.

L’héritage de Charlemagne fut doncpartagé entre deux usurpateurs , dont l'undescendoit de ce prince en ligne directe,mais par un mariage illégitime ; l'autre n’avoitpour titre que ses talens, 8c quelques vertusqui pouvoient bien n’étre que des vicesdéguises. Celui-ci convaincu de l’impossibilitéde jouir du fruit de son usurpation, s’il avoitArnoui pour ennemi , se rendit à Worms,où ce monarque tenoit une diete générale.U lui remit entre les mains le sceptre & lacouronne 8c les autres marques de la royauté,l’adurant qu’il ne vouloir les porter qu’avecson agrément. Le roi de Germanie flatté decette déférence, les lui rendit aussi tôt, 8cconsentit même à l’admettre dans son alliance,au préj udice de Charles le Simple son neveu,qui sollicitoit la même faveur ; mais que faualité de fils légitime d’un roi rendoitangereux.

Cette modération étoit moins un effet dela générosité & Arnoui que de fa politique.Il n’eût pas manqué de retenir pour lui-même le sceptre pour lequel Eudes venoicde lui rendre hommage , s’il eût pu le con-server sons péril. Il étoit même de l’intérêtde cet usurpateur de savoir pour allié dansun temps où Gui 8c Berenger lui difputoientle titre d’empereur avec l’Italie, 8c Rodolphela Bourgogne. Il traitoit ces princes de rebelles,mais alors la force décidoit le droit ; 8c lesuccès suffisoit pour faire d’un usurpateur unsouverain légitime : d’ailleurs Charles leSimple n’étoit pas sons partisans. Il étoit