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rechange, artillerie, munitions de guerre 8cde bouche, des hommes avec leurs armesôc bagages, ôc généralement de tout ce quidoit entrer dans le vaisseau ; le reste donne-roit la quantité de lest qu’il faut prendre( lorsqu’on fuit cette réglé , on estime à troiscens livres le poids de chaque homme ôc deses effets) : mais la difficulté de cuber toutesces choses, 8c le peu de certitude que l’ondoit avoir fur le jaugeage du vaifleau faitpar le constructeur, rendent cette méthodeprefqu’impratiquable. Dans la pratique onte contente donc de juger du mieux qu’onpeut des capacités du vaifleau, de le compa-rer avec celles d’un vaisseau de même rangqui a navigué , 8c de déterminer là-dessus laquantité de lest que l’on doit prendre. Si levaifleau a déja été à la mer, on fe réglé fur1 état que l’on tient à chaque campagne deVarrimage du vaisseau , ÔC de la façon dontil s’est comporté. La similitude des vaisseaux8c le pouvoir que l’on fe ménage d’ajouterune certaine quantité de lest à la charge si levaifleau n’étoit point assez plongé dans l’eaulorfqu’il est entièrement armé, rendent cetteméthode suffisante, quoique fort défectueusepar elle-même. On ne peut pas de mêmeretirer du lest lorsque Y arrimage est fini Sc quele vaisseau est trop calé , mais on y suppléeà la mer , en ne remplaçant point en poidsles consommations journalières que l'on y fait.
On leste tous les vaisseaux avec du fer 8cdes pierres. Le lest de fer est composé devieux canons, de bombes ôc de boulets derebut, de tronçons d’ancres , 6>c. 8c il estassujetti par des listeaux de bois cloués fur lefond du vaisseau. On l’embarque le premier,observant de le tenir éloigné d’un pié 8c demiou de deux piés de chaque côté de la carlinge,parce que fa réunion rendroit les mouvemensdu roulis trop vifs , 8c fatiguerait beaucoup!a mâture : on ne l’éloigne pas trop nonplus de la carlinge, pour qu’il ne toit pointappuyé fur l’extrémité des varangues, ce quipourrait nuire au vaisseau &c le trop délier.La quantité de lest de fer est déterminéepar la quantité totale du lest que l’on veutprendre , parce qu’elle est ordinairementenviron le tiers de toute la somme : on s’enrapporte à l’estime pour la mesurer, Sec’est lemaître canonier du port qui fait cette estime.O» sent combien cette méthode peut trom-
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per, Sc il ferait bien plus convenable d’avoir,comme dans quelques endroits, des saumonsde fer depuis cinquante jufqu'à deux censlivres qui porteraient la marque de leurpoids. On y trouverait le double avantagede savoir exactement la quantité de lest defer qu’on embarque , 8c de le pouvoirdistribuer également, 8c de sorte qu’aucunepartie ne ferait plus surchargée que l'autre.
Le lest de pierre s’embarque ensuite : lemeilleur est celui qui n’est ni trop gros ni troppetit, mais propre à bien engraver les futail-les qui portent dessus ; qui est net ôc point mêléde terre, 8c dont la pesanteur spécifique luifait occuper le moins de place. Un bâtimentchargé de lest vient s’amarrer le long du vais-seau d’où on le prend pour le vuider dans lacale. On le mesure ou avec des mannes donton compte le nombre 8c dont on a pesé quel-ques-unes pour avoir le poids moyen en cha-cune, ou par le jaugeage du bâtiment mêmequi l’apporte, ou enfin on le mesure avec unecaifle suspendue au-deflus du grand pan-neau , Ôc fait pour contenir un tonneau feu-lement , que l’on vuide loríqu’elle est plei-ne en laissant tomber le fond, qui, tenu parune charnière, peut s’ouvrir ôc fe refermer.Ces trois méthodes pour connoître le poidsdu lest ne peuvent donner qu’un à-peu-près à cause de la difficulté de cuber les bâ-timens qui le portent, 8c parce qu’on rem-plit plus ou moins les mannes ou la caisse ,qui d’ailleurs ne pefent point également fousun volume égal. Il y aurait une autre mé-thode que voici, 8c que je tire des papiersd’un officier de la marine distingué, 8cdont le nom seul formerait ('autorité la pluscomplété. “ Elle consiste , dit-il, à faireune romaine dont le plateau ferait unecaisse telle que celle dont on vient de par-ler , 3c dont la verge ferait une barre decabestan. On suspendrait cette romaine augrand panneau par le moyen de cordes quel’on attacherait à des barres mises fur le se-cond pont : à l’autre extrémité de la verge,on mettrait un poids qui ferait en équili-bre avec la caisse , étant remplie & pesantun tonneau. On remplirait cette caifle ,Sc dès qu’elle ferait lever le poids du boutde la verge , on feroit sûr que le lest qui yferait pèserait un tonneau. Cette métho-de paraît d’autant meilleure , qu’elle nepa-
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