\
ARS
amaíTe ; les portions d 'arsenic qui se sontattachées à la partie de la cheminée la plusfroide & la plus éloignée du four, y sontsous la forme d’une poudre blanche ou grise,qu’on nomme fleurs ou farine d’arsenic.Celles au contraire qui Rattachent à la partiede la cheminée la plus chaude , & la plusvoisine du fourneau , y éprouvent une sortede fusion qui les réduit en masses compactes,pesantes, d’un blanc mat & ressemblant àde l’émail blanc : ces masses à 1 arsenic blancsont presque toujours entre-coupées de veinesou couches jaunâtres ou grisâtres. Ces cou-leurs font dues à un peu de soufre ou dephlogistique , auxquels étoit encore uniecette portion à’arsenic.
Comme il est rare , ainsi qu’on le voitpar ce détail, que Y arsenic qu’on obtientdans ces travaux en grand , soit entièrementexempt de parties sulfureuses ou phlogis-tiques ; si l’on a besoin , pour les opérationsde chimie ou des arts , d 'arsenic qui soitparfaitement pur , on doit le sublimer denouveau , après l’avoir mêlé avec quelqueintermède , capable d’absorber tes partiesinflammables, principalement avec les alka-lis ou les terres absorbantes.
U ars nie est un poison corrosif très-vio-lent : il produit toujours les plus fâcheuxsymptômes & des effets meurtriers, pris in-térieurement , ou même appliqué extérieu-rement. Il ne doit jamais être employé dansl’ufage de la médecine , quoique quelquespersonnes, très-peu instruites de cette scien-ce , oient le faire prendre en petites dosesdans des fievres intermittentes opiniâtres ,qu’il peut guérir effectivement , mais tou-jours aux dépens des malades, qui sont ex-posés ensuite à la phthisie, ou à d’autres ma-ladies auíïi fâcheuses.
On a prétendu que Y arsenic entroit dansles poudres fébrifuges de Berlin. Un empy-rique donnoit pour les fievres une prépara-tion de Yarsenic , en poudre , qu’il faisoicauíïi prendr^en dissolution. Il s’est promenédans l’Europe , & a trouvé des dupes avecson remede.
Les accidens qu’éprouvent les personnesempoisonnées par Y arsenic , sont des douleursénormes dans les entrailles, des vomiíïemensviolens, des sueurs froides, des syncopes, desconvulsions, qui sont toujours suivies de la
ARS 447
mort, si l’on n’y apporte un prompt remede.Les meilleurs contre-poisons de Y arsenic sont,les grands lavages délayans & adouci flans ,comme les mucilages , l’huile , le lait, lepetit-lait : les matières absorbantes & alka-lines, produiront auíïi de très-bons effets,à cause de la propriété qu’a Y arsenic de socombiner , & de se neutraliser en quelquefaçon avec ces substances. Le sol de tartre& la lessive des cendres de cuisine peuventêtre employées comme contre - poison, 8csont très-efficaces.
Lorsqu’on fait l’ouverture des cadavresdes gens empoisonnés par Y arsenic , on ap-perçoit dans l’estomac & dans les intestinsgrêles, des taches rouges, noirâtres, livides,enflammées & gangreneuses ; souvent on ytrouve encore Yarsenic en substance , qu’onpeut reconnoître aisément à son odeur d’ai!,en le mettant sur les charbons ardens ou futune pelle rouge.
La table de M. Geoffroy n’indique pointles affinités de Yarsenic ; celle de M. Gellertdonne le zinc , le fer , le cuivre , l’étain ,le plomb , l’argent, l’or 8c le régule d’an-ti moine.
Brandt , dans les Acles de l*académie del 733 > a voit proposé Yarsenic , dissout dansl’huile & mêlé avec la poix & la rétine,commopropre à faire un vernis pour enduire le boisdes v ai fléaux , & les pilotis des digues > afiitde les préserver de la vermoulure. J’ai vuune expérience en petit, qui a tu le plusgrand succès. Il est surprenant que l’on n’aitpas fait usage de cette ouverture, pour cher-cher un vernis peu coûteux , qui se íeche fa-cilement & qui s’étende exactement. J’ai vuauísi employer Yarsenic avec succès pour em-baumer les oiseaux ou leur peau emplumée,& les garantir contre toutes les vermines,(B. C J
* ARSENOTELES , f. m. pi. ou herma-phrodites. Aristote donne ce nom aux ani-maux qu’il conjecture avoir les deux sexes.VÒye[ HERMAPHRODtTE.
ARSI ou Ars je , ( Géogr. ) peuples del’Arabie heureuse, dont Pline & Ptoléméeont fait mention. La différente terminaisonde leur nom est cause que des géographespeu attentifs en ontfàit deux peuples, quoi-que ce ne soit que le même appellé indiffé-remment Arjì ou Arsce par les auteurs/ C. A.)