Band 
Tome troisième.
Seite
449
JPEG-Download
 

A R S

^uil’obligeoient à ne jamais faire la guerre auxenfuis de Ptolomée Socer. Ceranus , indignéde cette délicatesse , conçut Sc exécuta ledessein de l’assassiner. Sa sœur , veuve de ceprince , se retira avec ses enfans dans Cassandrée , pour les soustraire aux fureurs d’unperfide qui ne voyoit en eux que les vengeursde son crime. Alors Ceranus, force de dissimuler , fit demander sa sœur en mariage ,promettant d’assurer à ses neveux Théritagede leur pere. Arfinoé^ qui n étoit point assezpuissante pour lui résister , consentit à le re-cevoir dans Cassandrée. Après qu il eut prêtéserment sur l'autel de Jupiter qu’il seroit leprotecteur de ses enfans, elle va à fa ren-contre accompagnée de ses deux fils , dont.l’ainé avoir seize ans & Tautre trois. Cetteréception fut brillante : on offrit des sacri-fices dans les temples, & ce jour fut mar-qué par des fêtes. Ceranus reçoit ses neveuxavec un épanouissement de joie , qui enannonçoit la liucérité ; mais à peine est-il lemaître de la ville , qu’il dicte T arrêt de leurmort ; Arfinoé furieuse leur fait un bouclierde son corps, Sc c’est sur elle que tombent lespremiers coups, &: ses enfans sont mastacrésdans ses bras ; on Tarrache pâle & défiguréede dessus leurs cadavres, & elle est traînéeen exil dans la Samothrace , où elle n’ad’autre plaisir que la ressource de verser deslarmes. Tandis qu’au milieu d’une nationbarbare tout lui retraçoit la fureur d’un frétédénaturé, Philadelphe la fit venir dans facour , Sc Tamour violent qu’elle lui inspirala fit passer dans son lit. Ce fut pour se con-cilier Taffection des Egyptiens, amateurs desfêtes , qu’elle célébra avec pompe la fêted’Adonis, & toute l’Egypte accourut enfoule à cette solemnité ; quoiqu’elle ne futplus dans l’âge d’avoir des enfans, & qu’elleeût perdu la fleur de la beauté, elle conservapendant toute sa vie un ascendant vainqueurfur son époux , qui ne put lui survivre , &pour savoir toujours présente , il lui érigeaune statue de topase , haute de quatre cou-dées , qu’il fit placer dans ses appartemens.Il lui consacra un temple dans Alexandrie,& la nation dont elle avoit fait les délices,lui en fit bâtir un autre aussi magnifique furle promontoire de Zéphirie, où elle fut ado-rée sous le nom de Vénus Zéphiride. Plu-sieurs villes ne crurent pouvoir mieux per-Tumt III.

A R S 449

' pítuer fa mémoire & leur reconnoissance,qu’en renonçant à leur ancien nom , pourprendre celui d ’Arfinoé ; telle fut Pateredans la Lycie , & une autre dans le Delta.(T-n.)

Arsinoé , fille de Lyfimaque, roi deMacédoine , épousa le second des Ptolo-mées, & cette union fut une source d’a-mertumes Sc de crimes. Sa jalousie , excitéepar la prédilection de son mari pour uneautre , la précipita dans un désespoir qui larendit capable des plus grandes atrocités ;elle corrompit par ses caresses Sc ses présens,Amintas & le médecin Chriíîppe, qui s’eri-gagcrent à faire périr par le poison sa rivale. & son époux infidèle. Les conspirateurs furencdécouverts Sc punis ; Ptolomée respectant en-core dans Arfinoé le titre de son épouse , &plus encore celui de mere des enfans qu’ellelui avoit donnés , eut la modération de nepas la faire expirer dans les supplices ; ilborna fa vengeance à la reléguer à Copte ,ville de la Thébaïde , où dévorée de re-mords , elle languit dans un éternel oubli.(T-n.)

Arsinoe , sœur & femme de PtoloméePhiliparor , en eut un fils dont la naissancesembioit lui assurer la possession du cœur deson époux ; mais supplantée par une courti-fimne effrontée , elle éclata en reprochescontre le prince infidèle , qui Thumilioit parses dédains. Ptolomée qui se sentoit cou-pable n’en fut que plus sensible à 1’importu-nité de ses plaintes , & ce fut pour ne plusentendre une voix qui réveilloit sos remords,qu’il chargea son ministre de Ten débarrasserpar le fer ou le poison. L’ordre barbare sotbientôt exécuté , Sc Arfinoé expira victimed’un époux qui ne pouvoir lui reprocherqu’un excès de tendresse dont il n’étoit pasdigne. C T-n.)

ARSIS , f. f. terme de grammaire ou plu-tôt de prosodie ; c’est 1 élévation de la voixquand on commence à lire un vers. Ce motvient du fie a , tollo , j’éleve. Cette éléva-tion est suivie de rabaissement de la voix,& c’est ce qui Rappelle thefiis , tín t , dépo-fitio , remiffio. Par exemple , en déclamantcet hémistiche du premier vers de l’Enéïdede Virgile, Arma virumque cano , on sentqu’on éleve d’abord la voix, Sc qu’on l’a-baiíse ensuite.

L 11