ART
d'un roi barbare ; ce général, âgé de plusde quatre-vingts ans , succomba à la vanitéde fe voir l’arbitre de. deux rois puiíTans ;mais dès qu il parut à la cour de Memphis,il n’essuya que des dégoûts, Sc ses conseilsdédaignés favoriserent les progrès des Per-ses , qui poussaient leurs conquêtes dans lesein de l'Êgypte , dans le temps que Tachos,contre l’avis d’Agésilas, faisait de la Phéni-cie le théâtre de la guerre : Artaxerxes , ac-cablé de chagrins domestiques, devenaitchaque jour plus insensible à la gloire de sesarmes. Ses en fan s voyant ft fin approcher,se disputaient ion héritage, il en avoir centquinze de ses concubines, & trois d’Atossa,fa femme légitimé. Il crut pouvoir prévenirleurs divisions en désignant son successeur,son choix tomba sur íainé , nommé Da-rius , qui dès le moment sut couronné dcla rhyare , & prit le titre de roi. Ce jeuneprince bruloit d’un feu secret pour une desconcubines de son pere , & sur le refus qu’ilessuya , il conçut l’hoireur d’un parricide :il fut découvert & puni avec les plus distin-gués de la Perse , qui s’étoient rendus lescomplices. Tant de sang n'étouffa point lefeu des haines & des révoltes ; Ariaspe ScOchus, nés d’un légitime mariage , avaientune égale ambition de régner ; Ariane, néd’une concubine , leur parut un compéti-teur dangereux. Le pere avoit pour lui unamour de préférence , qui étoit justifié parses mœurs Sc ses talens : Ochus Sc Ariaspese débarrassèrent de sa concurrence par lepoison. Le pere , justement irrité , menaçade punir ce fratricide ; Ariaspe , pour pré-venir son reslentiment, aima mieux se don-ner la mort, que de la recevoir de la maind’un bourreau. Artaxerxes qui n’avoit plusque son unique héritier à punir , ne put sur-vivre à la honte de fa famille fouillée desplus grandes atrocités. Il mourut âgé dequatre-vingt-quatorze ans, dont il avoitrégné quarante-íìx. Ce fut un prince géné-reux Sc politique qui respecta les loix , lajustice & les dieux. ( T-tsr.)
Artaxerxes Ochus , (HiJI. de Perse. )Ce prince détesté des grands & du peuple ,eût trouvé de grands obstacles pour arriverau trône , s’il n’eût caché pendant dix moisla mort de son pere : il employa cet inter-valle à acheter des partisans, & dès qu’íi
ART 435
fe crut assez puissant, il donna en son nomles ordres qui jufqu’alors avoient été revê-tus du sceau de son pere. Les Perses qui nevoyoient en lui que le meurtrier de fa fa-mille , allumèrent le feu de la révolte danstoutes les provinces. L’Afie mineure, la Sy-rie , la Phénicie refusèrent de le reconnoìtrepour roi. Tous les gouverneurs des provin-ces furent déclarés les chefs de la révolte.Les impôts qu’on avoit coutume de verserdans le trésor du roi , furent destinés à luifaire la guerre. La rivalité divisa les chefs,Sc les plus séditieux devinrent les plus sou-mis. Datame , gouverneur de Cappadoce ,soutint seul tout le poids de la rébellion , ilfe rendit maître de la Paphlagoníe , où il semaintint avec gloire jusqu’au moment qu’ilfut assassiné par un traître dont il avoit étéle bienfaiteur. Sa mort fit rentrer dans l’o-béissance toutes les provinces qui ne recon-nurent plus qu’un seul maître. Artaxerxes ._possesseur paisible de ses états , n’ufa de sonpouvoir que pour se livrer à la férocité deses vengeances. La rébellion qui vçnoit des’éteindje lui en fit craindre une nouvelle.Tous ceux qui pouvoient la rallumer, furentses victimes : il prononça un arrêt de mortcontre tous les princes de fa famille ; sononcle fut investi avec cent de ses fils, Sctous périrent percés de fléchés. Ocha fasœur , dont il avoit épouse la fille , fut en-terrée vivante. Tous les grands qui lui fai-foient ombrage , furent immolés a ses soup-çons , & aveugle dans son ambition, il sern-bloit moins vouloir régner fur des hommesque fur des déserts.
Ce fléau de l’humanité eut autant d’enne-mis qu’il lui resta de sujets. Artabaze , gou-verneur de l’Asie.mineure , donna le signalde la révolte. Artaxerxes fit marcher contrelui soixante Sc dix mille hommes qui furenttaillés en pieces par Charès , général desAthéniens, partisans de ce gouverneur re-belle. Le monarque les menaça de les fairerepentir un jour d’une alliance qui étoit unattentat contre les traités. Charès fut rap-pelle. Artabaze privé de la main qui pou-voir le défendre , implore les Thébains quilui fournissent cinq mille hommes , aveclesquels il remporta plusieurs victoires : lesThébains fe laisterent corrompre par l’orf Artaxerxes, Trois cens talens qui leur fu-