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Tome troisième.
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íiés aux noms à la maniéré des prépositions-inséparables, en forte qu ils forment le mê-me mot.

Comme ces prépositifs nefemettent pointau nominatif, & que l'ufage qu on en faitn’est pas trop uniforme, les Hébraïfans lesregardent plutôt comme des prépositions que-comme des articles. Nomina hcbraïca pro-priì loquendo fimt indcclinabilia. Quo ergo incafu accipienda fiat & ejfèrenda ,noa terminatio-tie dignoscitur , sed prœcipuè conflruclione &prcepofitionibus quìbufdam , feu litteris prcepo-fuionum vices gerentibus , quce ipjìs a fronteadjiciuntur. Mafclef. Gramm. hebr. c. ij, n. 7.

A l’égard des Grecs, quoique leurs nomsfe déclinent, c’est-à-dire qu’ils changent determinaison selon les divers rapports ou vuesde I'efprit qu’on a à marquer, ils ont encoreun article l, i, rl,rS, r?f, r S, &c. dontils font un grand usage : ce mot est en grecune partie spéciale d'oraifia. Les Grecs l'ap-pellerent -c,-??-», du verbe , apto , adapto,disoofer , apprêter, parcequ’en effet l 'articledispose I’efprit à considérer le mot qui le fuitfous un point de vue particulier; ce que nousdévelopperons plus en détail dans la fuite.

Pour ce qui est des Latins, Quintilien ditexpressément qu’ils n’ont point d ’articles, &qu’ils n’en ont pas beíoín, nojler Jermo arti-culas non dcfiderat, (Quint. lib.I, c. iv.) Cesadjectifs is, hic, ille, ijìs , qui font souventdes pronoms de la troisième personne , fontaussi des adjectifs démonstratifs & métaphy-siques , c’est-à-dire qui ne marquent point 1dans les objets des qualités réelles indépen-dantes de notre maniéré de penser. Ces ad-jectifs répondent plutôt à notre ce qu à no-tre/c. Les Latins s'en servent pour plus d’é-nergie & d’emphafe : Catonem illum fapien-tem,{Cic. ) ce sage Caton ; ille alter, ( Ter. )cet autre ; ìlla feges , ( Virg. Georg. J, v. qj.)cette moisson ; illa rerum domina fortuna ,(Ci c.pro Marc. n. L.)la fortune elle-rnême,cette maîtresse des événemens.

Isxorem ille tuus pulcher amator háoet.Propert. lib. II, eleg. xvj, v. 4, Ce bel amantque vous avez , a une femme.

Ces adjectifs latins qui ne servent qu à dé-terminer l’objet avec plus de force , sont sidifférens de Y article grec & de \‘article fran-çois, que Vossius prétend (de Anal. lib. 1 ,c. r, p-375,) que les maîtres qui, en faiíànt ;

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apprendre les déclinaisons latines, font direhcec musa , induisent leurs disciples enerreur ; & que pour rendre littéralement lavaleur de ces deux mots latins selon le géniede-la langue grecque, il faudroit traduirehcec musa , «ín n$vm , c’est-à-dire cettela muse.

Les Latins faifoient un usage si fréquentde leur adjectif démonstratif ille , illa, illud,qu’il y a lieu de croire que c’est de ces motsque viennent notre le òc notre la ; ille ego ,mulier illa : Hce homitii illi per quem tradetur.{Luc , c. xxij , v. 2 . 2 .. ) bonum erat ei Jì na-tus non fuijset homo ille. (Matth, c. xxvj, v.S14.) Hic illa parva PetiliaPhilocletce. (Virg.TE n. lib. III, v. 401.) C’est-là que la petiteville de Petilie fut bâtie par Philoctete.^u-soniae pars illa procttl quatn pandit Apollo, Ib,v. 47$. Hcec illa Charibdis. Ib. v. 558. Pé-trone faisant parler un guerrier qui Ce plai—gnoit de ce que son bras étoit devenu paraly-tique , lui fait dire \funerata est pars illa corporismei quâ quondam Achilles eram ; il est mort cebras par lequel j’étois autrefois un Achille.Ille Deum pater , Ovide, Quifquis fuit illeDeorum. Ovide. Metam. lib. I, v. gí.

Il y a un grand nombre d’exemplesdecetusage que les Latins faifoient de leur ille ,illa, illud, fur-tout dans les comiques, dansPhedre & dans les auteurs de la baffe latini-té. C’est de la derniere syllabe de ce motille , quand il n’est pas employé comme pro-nom, & qu’il n’est qu’un simple adjectif in-dicatif, que vient notre article le : à l’égardde notre la , il vient du féminin illa. La pre-mière syllabe du masculin ille a donné lieuà notre pronom il, dons nous faisons usa,.*-*avec les verbes , ille affirmât, ( Phaid. lib,III, fab. iij, v. 4,) il assure. Ille fecit, (Id.lib. III, fab. v. vers S ,) il a fait ou il fit. In-génia vires ille dat, ille rapit, ( Ov. Her. ep.xv, v. zo6. ( A l’égard de elle, il vient de illa,illa veretur, (Virg. eclog.iij ,v. 4,) elle craint.

Dans presque routes les langues vulgai-res , les peuples, soit à l’exemple des Grecs,soit plutôt par une pareille disposition d’esi-prit, fe font fait de ces prépositifs qu’onappelle articles. Nous nous arrêterons prin-cipalement à Varticle fxançoi-s.

Tout prépositif n’est pas appellé article. Ce,cet, cette,certain, quelque, tout C chaque ,nul,auc un , mon , ma , mes , ôcc. ne font que des

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