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Tome troisième.
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qui n’est pas moins importante ; " c’est queles batteries, pour avoir un effet décisif dansune affaire , doivent être fortes & se proté-ger réciproquement. Cela n exclut pas, con-tinue le même auteur , l’avantage des bat-teries plus foibles & plus éloignées les unesdes autres , c’est le meilleur qu’on proposesans rejeter le bon » : les circonstances dé-terminent d’ailleurs entre le plus &c le moins ;mais, autant qu'il est possible, il faut s’entenir à la maxime qu’on ne peut nier, &dont la vérité est reconnue par les militai-res même qui font le moins d’acçord furles autres points. Voici ce que dit fauteurde X Essai général de la Taclique , à l’occasiond’un général habile qui oseroit s’écarter del’opinion reçue & n’auroit que 150 piecesde canon , avec une armée de 100 batail-lons , égale à celle de son ennemi, maisqui auroit 400 pieces de canon. Tous lesavantages, dit-il, seront du côté du premier.Il n’aura point ce que nous appelions despieces de régiment , parce qu’il calculeraque ces pieces 11’ont pas des portées asiezlongues Lc allez, décisives ; que dispersées &formant de petites batteries , elles ne remplis-sent point.de grands objets.Ses bat-

teries mieux disposées, mieux emplacées,mieux exécutées , des pieces d’un calibreplus décisif, des proiongemens plus habi-lement pris, lui donneront encore l’avantage.

Inestimable auteur qui a écrit* contre Ves-sai général de Taclique , qui réunit à de pro-fondes connoiífances, une longue expériencede guerre, dit, dans un ouvrage fur les opi-nions qui partagent les militaires : " Quepourra-t-on opposer à mes démonstrations ?Le nombre de canons très-augmenté dans.les armées depuis le commencement du sié-cle ? Mais l’augmentation ne porte que fur ;des petites pieces fort peu dangereuses fi ellesfont séparées ; & si elles font réunies parbrigades fur la ligne, c’est une raison deplus pour ne pas s’y exposer long-temps.— :Les batteries d > une certaine force , composéesde pieces du parc & du calibre de 8 aumoins , bien placées , font effectivement re-doutables & méritent considération. Lespartisans de la nouvelle artillerie ne sontpas si blâmables lorsqu’ils disent que le ca-non doit à présent décider les batailles ; au-trefois ils pensoient seulement que par des

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positions bien choisies & par un service biendirigé , ils influoient sur le succès. Des pré-tentions si singulières naissent naturellementde l’espece de tactique dont on se sert.

Nous finirons ce qui regarde les petitespieces éparpillées le long de la ligne, parce que nous disons dans le supplément àl’e[sai sur l’usage de l’artillerie. “ Quant àVartillerie fixement attachée aux bataillons,elle ne peut être trop légere , de quelquecôté qu’on l’envisage : plus on épargnera fur"ce point, plus on méritera d’éloges, car ellecoûtera toujours trop en construction & mu-nitions pour l’avantage que l’état en tireradans les batailles ».

Il n’en fera pas de même des fortes bat-teries dont nous venons de parler , lesquel-les occupant des positions favorables, potir-. ront croiser avantageusement leurs feux furdes corps de troupes à la distance de 500toises & plus loin encore, sur-tout si les pie-ces de 1 z Lc de 8 , dont elles seront com-posées , ont l’avantage de porter loin , sousle moindre angle d’élévation : mais il fautalors tirer lentement & se donner le tempsde pointer Lc de juger de l’effet de ses coups.Ce font les circonstances qui décident lecommandant éclairé d’une batterie, Lc quilui font juger de l’avantage ou de l’inutilitéde tirer à de grandes distances : c’est la quan-tité de munitions qu’il a ; c’est le besoin qu’ilprévoit en avoir dans la fuite de faction ;c’est fesser de son feu , c’est enfin son expé-rience Lc ses lumières qui le déterminent.Que n’a-t-il pas à souffrir dans ces occa-sions , de f empressement, souvent indiscret,des troupes qui f environnent , lesquellesvoudroient toujours voir f artillerie en ac-tion Lc entendre du bruit, même lorsqu’iiest évident qu’il seroit sans ester : situationpénible , mais dont il est bien dédommagé ,lorsque dans la fuite de f affaire , ses muni-tions , sagement économisées, sont employéesavec autant de succès que d’éclat.

Dans quelque circonstance que ce soit,on doit, au lieu de tirer par salve , ne tirerqu un coup après f autre , en sorte que lefeu soie continu ; c’est la maniéré la plussûre d’inquiéter f ennemi, de lui faire tourle mal possible & de ne lui pas donner unmoment de relâche. Sans s’'écarter de cettemaxime , dont la vérité ne fera pas contes