Band 
Tome troisième.
Seite
568
JPEG-Download
 

563 ART

w les chemins que l’ancienne , rendra les-- marches plus pesantes, & pourroit même-> empêcher le íuccès d’une affaire qui dé-« pendrait de k célérité d'une marche. »Telle est enfin la derniere conclusion del'aureur, & c est aíTurément la plus étrangedé toutes celles dont je viens de faire l’exa-me». Comment la nouvelle artillerie gâte-ra-t-elle plus les chemins que l’ancienne ;est-ce parce qu elle est plus légere ? La répon-se à une íi singulière prétention doit se bor-ner à une simple exposition des faits. L’é-quipage de campagne de l’ancienne artil-lerie étoit composé de canon de 16 du poidsavec son affût de 6600 livres, de canon deíi du poids de 4980 , de canon de 8 dupoids de 3600, & de canon de 4 du poidsde 2.4Ò0. Le poids de toutes ces pieces neportoit absolument que sur deux roues, fauted’avoir inventé l’encastrement de route , aumoyen d u quel la nouvelle artillerie a repartile poids de ses canons fur 4 roues ; la piecede 16 est bannie de son équipage de cam-pagne ; ik l’on conviendra lans peine qu’unpoids de 6600 livres ; reparti prefqu’entiére-ment fur deux points, doit seul charger da-vantage & détruire plus vite les cheminsque cent autres voitures du poids de 3800 ,telles que íont les nouvelles pieces de 11 ,le plus fort des calibres de campagne , &dont le poids porte fur 4 roues. Chacunede celles du 16 presse les chemins par unpoids d’environ 3300 livres, chacune decelles du 11 nouveau , ne les presse quep.arun poids de 9 y o livres. Qu’on juge main-tenant combien fera différente la dégrada-tion qu elles opéreront. Le canon de 8 nou-veau avec son affût pefe 2900 , celui de 4n’excede pas 1800. Ce n'est pas la peined’étendre jufqu’â ces pieces le calcul de com-

Í iaraiíon que nous venons de faire pour cel-és de 1 x ; on doit lentir bétonnante diffé-rence qu’offriroient les résultats. J’ajouteraique Vartillerie marchant en file & ensem-ble , la néceilìté d’attendre le canon de 16auroit rendu nulle pour l'ancienne artille-rie la mobilité des calibres inférieurs ; quand,cç qui n'est pas, leur mobilité eût pu fecomparer à celle des nouveaux. La diffé-rence de mobilité de ces deux efpeces <ïar-tillerie est telle, que la piece de 4 anciennequi ne pefe que 2.400, n a jamais pu fe ma-

ART

| N oeuvrer à bras , quand celle de 1 x rrouívelle qui pefe 3 800 y est manoeuvrable. Cettedifférence de mobilité entre deux machines,. quoique l’avantage soit en faveur de la pluspesante , ne surprendra point les personnesinstruites, celles qui savent combien les frot-temens plus ou moins grands , nuisent ouajoutent à la mobilité. Or ce sont ces frot-tent en s qu’on a íur-tout diminué pour lanouvelle artillerie , en substituant les essieuxde fer à ceux de bois , en faisant roulerleurs fusées bien tournées dans des boîtesde bronze encastrées dans les moyeux , &en relevant les roues des avant-trains pouraugmenter la force du tirage des chevaux &éviter le frottement perpétuel du moyeucontre la terre, qu’une roue plus baffe éprou-ve à la rencontre des moindres ornières.Peut-on craindre après cet exposé, que lanouvelle artillerie ne puistè arriver où l’onaura besoin de son secours auíïì prompte-ment que l’auroit fait l’ancienne, & que sondéfaut de célérité ne nuise aux opérations dela guerre ?

Nous prions le lecteur instruit & impar-tial de juger les objections des partisans del’ancienne artillerie , & les réponses que jeviens d’y faire. L’Encyclopédie destinée àporter à nos neveux la connoissance des artsque des révolutions auroient pu faire ou-blier , devoir ne pas leur laistèr ignorer laperfection où étoit arrivé de nos jours ce-lui de Vartillerie , & leur rendre compte desmotifs qui avoient déterminé à y faire leschangemens contre lesquels des personnestrop attachées à leurs anciens usages avoientréclamé. ( Cet article est de M. de Pom-MEREUL. )

Artillerie , ( Corps royal te l’ )L ’artillerie a composé , dans tous les temps ,un corps très-considérable en France, mê-me avant l’invention de la poudre : celuiqui la commandoit avoir ausiî le comman-dement fur tous les gens de pié, & l’au-torité fur tous les travaux militaires , tantpour les sièges que poiu les marches & cam-pemens.

Henri IV érigea le commandement del ’artillerie en charge de la couronne, íbusle titre de grand - maître de Vartillerie , enfaveur de Maximilien de Béthune, duc deSully,

fin