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tratîon de cette proposition , íl n'allegued’autre preuve que la définition qu’il adonnée de la substance , laquelle étantfausse , on n’en peut rien légitimementconclure ^ par conséquent cette proposi-tion est nulle. Mais atìn d’en faire mieuxcomprendre le faux , il n’y a qu à consi-derer l’existence & l’essence d’une chosepour découvrir ce sophisme. Car, puisqueSpinosa convient qu’il y a deux sortesd'existence , l’une nécessaire & l’autre quine l’est pas ; il s’ensuit que deux substan-ces qui auront différens attributs , com-me l’étendue & la pensée, conviendrontentr’elles dans une existence de même es-pece , c'est-à-dire , qu’elles seront sem-blables j en ce que l’une ôc l’autre n’existe-ront pas néceflairement, mais seulementpar la vertu d'une cause qui les aura pro-duites. Deux estences ou deux substancesparfaitement semblables dans leurs proprié-tés estentielles , seront différentes , eu ceque l’existence de l’une aura précédé cellede l’autre , ou en ce que l’une n’est pasl’autre. Quand Pierre seroit semblable àJean en toutes choses , ils font différens,en ce que Pierre n’est pas Jean , & queJean n’est pas Pierre. Si Spinosa dit quel-que chose de concevable , cela ne peutavoir de fondement & de vraisemblance,que par rapport à des idées métaphysi-ques qui ne mettent rien de réel dans lanature. Tantôt Spinosa confond l’especeavec l’individu , ôc tantôt l'individu avecl’espece.
Niais dira - t - on , Spinosa parle dé lasubstance précisément, ôc considérée enelle-même. Suivons donc Spinosa. Je rap-porte la définition de la substance à l’exis-tence ; & je dis, si cette substance n’existepas , ce n’est qu’une idée , une définitionqui ne met rien dans l’être des choses ;n elle existe , alors l’esprit & le corps con-viennent en substance ôc en existence.Mais , selon Spinosa , qui dit une subs-tance , dit une chose qui existe nécestài-rement. Je réponds que cela n’est pasvrai , & que l’existence n’est pas plus ren-fermée dans la définition de la substanceen général que dans la définition de l’hom-me. Enfin, on dit, ôc c’est ici le dernierretranchement , que la substance est unTome III,
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être qui subsiste par lui-même. Voici doncoù est l’équivoque ; car puisque le systè-me de Spinosa n’est fondé uniquement quesur cette définition , avant qu’il puillè ar-gumenter & tirer des conséquences decette définition, il faut préalablement con-venir avec moi du sens de la définition.Or , quand je définis la substance un êtrequi subsiste par. lui-même , ce n’est paspour dire qu’il existe nécessairement, jen’en ai pas la pensée ; c’est uniquementpour la distinguer des accidens, qui nepeuvent exister que dans la substance ôcpar vertu de la substance. On voit doncque tout ce système de Spinosa , toute cettefastueuse démonstration n’est fondée quesur une équivoque frivole ôc facile à dis-siper.
La troisième proposition de Spinosa estque , dans les choses qui n'ont rien de com -rnun entr’elles, Vune ne peut être la causede l’autre. Cette proposition , à l’expliquerprécisément, est fausse auffi ; ou, dans leseul sens véritable quelle peut avoir , onne peut rien en conclure. Elle est frustedans toutes les causes morales ôc occasion-nelles. Le fon du nom de Dieu n’a riendc commun avec l’idée d u créateur qu’ilproduit dans mon esprit. Un malheur ar-rivé à mon ami n’a rien de commun avecla tristestè que j’en reçois. Elle est faustèencore cette proposition , lorsque la cau-se est beaucoup plus excellente que l’effetqu’elle produit. Quand je remue mon braspar l’acte de ma volonté , le mouvementn’a rien de commun de fa nature avecl’acte de ma volonté , ils font très-diffé-rens. Je ne fuis pas un triangle ; cepen-dant je m’en forme une idée , & j’exami-ne les propriétés d’un triangle. Spinosa acru qu’il n’y avoit point de substance spi-rituelle , tout est corps selon lui. Combiende fois cependant Spinosa a -1 - il été con-traint de se représenter une substance spi-rituelle , asin de s’efforcer d’en détruirel’existence ? Il y a donc des causes quiproduisent des estets avec lesquels ellesn’ont rien de commun , parce qu’elles neles produisent pas par une émanation deleur essence , ni dans toute l’étendue deleurs forces.
La quatrième proposition de Spinosa ncHhhhh