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Tome troisième.
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c'étoit pour châtier les Viíîgoths ses escla-ves , & se venger d/une injure que lui avoirfaite Théodoric leur roi , ainsi que desFrancs qui avoient osé mettre le pied surles terres de l'empire dont íl s'étoit dé-claré le protecteur ; dans le même temps,il recommandoit à Théodoric de ne pasprendre 1alarme, 1 assurant qu'il ne venoitdans les Gaules que pour les partager en-tre les Huns 8c les Visigoths. Lorsqu'ileut trompé sur ses deíleins Valentinien III.& Théodoric, il couvrit le Danube d’uneinfinité de barques : il traverse la Panno-nie, le Norique & la Suabe ; arrivé dansles Gaules, il marche vers Cologne; il enchasse Mérouée , & livre La ville a u pil-lage & à la flamme. Tongres, Treves,Spire , Vormes, Mayence , Andernac,Arras, Besançon, Metz, Toul, Langres8c plusieurs autres villes éprouvèrent éga-lement la fureur de cet impitoyable con-quérant. Les Romains, étonnés de ces suc-cès , en conçurent la plus vive inquiétude.Aétius íe rendit aullì-tôt à Arles : les Hunscroient devant Orléans, dont ils battoientles murs. Comme il n'avoit qu’une foiblearmée , il se tint sur la défensive, & en-voya des députés aux assiégés les aílurerd'un prompt secours. LesOrléanoís étoientassez portés à faire une vigoureuse défense ;le sort effrayant de leurs voisins étoit poureux un aiguillon puissant. Aétius fit aussi-tôt solliciter Théodoric pour 1 engager àse joindre à lui, afin d'opposer une digueau torrent. Le roi des Visigoths se re-fusa d'abord aux sollicitations du généralRomain ; il avoir résolu d attendre, pourse déclarer, que les Huns enflent mis lepied fur ses terres : íl étoit retenu parAttila qui l’aífuroit toujours de son ami-tié , & lui promettoit de l'alfocíer à fèsconquêtes ; mais le préfet A virus se servitde son ascendant fur l'esprit de ce prince,& le décida pour la cause commune. Ill’éclaira sur les deíleins d ’Attila, 8c lui fitvoir que cet ambitieux rendoit à ie for-mer une monar chie universelle ; & commeon l'a remarqué , Théodoric pouvoir - ilse flatter que le roi des Huns, qui régnoitpar le massacre d'un frere, 8c dont le nométoit redouté jufqu'aux rives del'Indus 8c duTanaïs ,eût respecté 1 alliance des Viíîgoths ?

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Tandis qu'Avitus négocioit à la cour deThéodoric, Aétius avoir envoyé des dé-putés au - delà du Rhin 8c dans toutes lesparties des Gaules, où les Huns n’avoientpoint encore pénétré. Il négocia avec tantde succès, que son armée, suivant Pros-per , sut en peu de temps presque aussinombreuse que celle des ennemis ; elleétoit composée des Francs, de la tribu deMérouée, de plusieurs peuples Sarmates 8cSaxons, qui avoient refusé de se plier aujoug des Huns, d'Armoricains aujourd'huiles Bretons, de Lisiens, de Bourguignonssujets de Gondroche & de Chilperic , desRipuaires qui tenoient les environs de Co-logne, des Brions autrement Bréones queValois place dans la Vindélicie, & de plu-sieurs autres peuples de la Gaule celtique8c de la Germanie, auxquels les Romainsavoient commandé autrefois comme à leurssujets & qu'ils étoient charmés de compteralors parmi leurs alliés.

Lorsque cette armée, jointe à celle desViíîgoths, approcha d'Orléans, cette villeétoit à 1 extrémité ; elle étoit comme laclef de l’Aquitaine. Attila , persuadé q Cilétoit de la derniere importance de s'enaílurer avant l’arrivée des nations confé-dérées , faiíoit continuer les alliants dejour 8c de nuit. Les assiégés n’espérantplus aucun secours, perdirent enfin cou-rage, 8c envoyerent au camp des Hunsdemander grâce. Attila n en faífoir point;8c tout ce q u'il leur accorda en faveurd’Anian , leur évêque , chef de la dépu-tation , fut qu'ils ícroient réduits en servi-tude , & qu'ils iroient vivre dans quelquecontrée inhabitée de ses états. L'horreurde la mort Payant emporté fur la hontede l’esclavage , les assiégés ouvrirent leursportes, & A.tila envoya ses principauxofficiers faire le partage des captifs. Onchargeoit leurs charriots de leurs dépouil-les ; on les chaíìòit vers le camp du vain-queur, eux, leurs femmes, & leurs en-fuis , lorsque Aétius & lès alliés surprirentles troupes que les Huns avoient au-delàde la Loire. Les romains chargèrent lesHuns avec tant de vigueur , que les trou-pes se jetèrent dans le fleuve , où périt unnombre prodigieux de soldats. Tous ceuxqui étoient dans Orléans pour en enlever