A U N
changèrent d’ùsage& déformé. Le bonnetleur succéda ; éc il n y a plus aujourd'huique les Chanoines & les Chanoinesses quien aient en été. Ils portent pendant cettesaison fur leurs bras, ce qui servoit jadis entout temps à leur couvrir !a tête. Ce iontlesPelletiers-Fourreurs qui les travaillent,elles sont laites de pieces de petit grisrapportées ; elles ont quatre à cinq piedsde long , fur huit à neuf pouces de large;elles font herminées & terminées à unbout par des queues de martes ; & l'onpratique quelquefois à l’autre bout, uneefpece de poche où le bréviaire ou quel-que livre de piété peut être mis.
A U NAGE , f. m. ( Commerce. ) mesu-rage d’une étoffe par aunes. Voye\ AUNE,duquel aunage eít dérivé.
Bon d’AUNAGE, excédant d' AUNA-GE , bénéfice aunage , sont des motssynonymes qui signifient quelque choseque l’on donne ou que l’on trouve au-delà de la mesure ou de Yaunage or-dinaire.
Par le règlement des manufactures delainages du mois d’août 1699 , art. 44 ,il eít porté que le façonnier ne pourradonner au marchand acheteur d’excédentd 'aunage pour la bonne mesure , qu’uneaune un quart au plus fur vingt - uneaunes. Sous la halle aux toiles à paris,l’ufage eít d’anner les toiles le poucedevantVaune ; ce qui s’appelle pouce &aune , ou pouce avant : ce qui produitde bon aunage pour l’acheteur environune aune demi tiers fur cinquante aunes.Outre ce pouce on donne encore uneaune fur cinquante aunes pour la bonnemesure ; ce qui fur cinquante aunes taitde bénéfice deux aunes & un demi tiers.
M. Savary remarque qu’íl y a desendroits en France , où quoique faunesoit égale à celle de Paris, les ouvriers &manufacturiers donnent aux acheteurs desexcédents d 'aunage très-forts, comme àRouen vingt-quatre aunes pour vingt :mais il ajoute qu'ils vendent leurs mar-chandises plus cher à proportion , 011que ces marchandises ne sont pas si bon-nes Lt si parfaites, que dans les manu-factures ou l’on donne un moindre béné-fice C aunage. ( G)
A U N 69
AU-NATUREL , ( terme de Blason. )fe dit des animaux représentés avec lacouleur que la nature leur a donnée , oudes fleurs & fruits imités de ceux quicroissent dans les jardins ou â la campa-gne.
Baas de Sivord en Bc'arn ; d 'argentà deux bifises au naturel ; affrontées.
Anjorant de la Viliatte à Paris; dé a\urà trois lys au naturel. ( G. D. L. T. )
AUNE , f. f. ( Commerce. ) mesurede longueur dont on se sert en diffé-rens pays, & fous différons noms. VoyeçMesure.
L’aune est un bâton d’une certainelongueur , qui sert à mesurer des étoffes ,les toiles , les rubans , &c.
léaune de France a beaucoup de rap-port à la verge d’Angleterre & de Séville ;á la canne de Provence, de Toulouse ,de Naples, de Genes, de Livourne &autres villes d’ítalie ; à la carre d’Ara-gon ■ à la barre de Castille & de Valence ;à la brasse de Luques ^ Venise , Boulogne ,&c. au palme de Sicile ; au pic de Cons-tantinople , de Smyrne & du Caire ; àla gueze des Indes & à celle de Perse.Voye\ Verge”, Canne., Varre , &c.
Scrvius prétend que faune est la lon-gueur que contiennent 1 es deux bras éten-dus : mais Suétone ne fait de cela quela coudée. Voye\ Coudée.
Les aunes dont on fe sert le plus com-munément en Angleterre sont fauneAngloife & celie de Flandre. .Uauned’Angleterre' contient trois pieds neufpouces ou une ver ge & un quart mesured’Angleterre : faune de Flandre contientvingtssept pouces ouf d’une verge , me-sure d’Angleterre ; de forte que fauned’Angleterre est à celle de Flandrecomme 5 est à q.
L 'aune de Paris contient trois piedssept pouces huit lignes, conformémentà l’étalon qui est dans le bureau des mar-chands Merciers , & qui par souscriptiongravée dessus , paroît avoir été fait en1554 , sous le régné d’Henri II. Elle sedivise en deux maniérés : la premiers ,en demi-aune , en tiers, en sixième &en doufieme ; & la seconde , eu demi-autic , en quart, en huit & en sei\e ,