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Tome quatrième.
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A V °

naissance , s’ii exécute les fonctions deeet âge , qu’il tette , qu’il crie , pour-quoi hésitera-t-on à le déclarer viable.La quantité prodigieuse de maladies quiattaquent l’efpece humaine dans son en-fance , rend tout jugement incertain dansl’opinion contraire. Tenons - nous-en autémoignage des sens dans des questionssi difficiles à résoudre.

Il est vrai , qu’au-deslòus de six moisrévolus, le fœtus expire peu après l’ac-couche nent; nulle observation bien cons-tatée n’a jusqu’à présent démontré lecontraire ; aussi ne peut - on s'empêcherde soupçonner les meres d’un fœtus dequatre ou cinq mois & quelques joursui survit à l’accouchement , & donneos signes d’une organisation avancée.

Le terme de neuf mois n’est pointtellement fixé par la nature , comme jele dirai dans la fuite , qu’on ne le voiesouvent devancé ou prolongé par des cau-ses multipliées. Ce seroit encore une pré-tention peu fondée , que de ne juger del’âge du fœtus que par la force de sesmembres , fa grandeur , son embonpoint.Une femme qui survit à íbn mari , peutau bout de huit ou neuf mois après famort, mettre au jour un enfant infirme,exténué , dont la vigueur égale à peinecelle d’un fœtus de six ou sept mois. Lamauvaise constitution d’un fœtus peutretarder son développement, il peut en-core dégénérer dans Je sein de fa merepar différentes maladies ; on voit l’ac-croislèment fe faire si lentement dans lesenfans racliitiques , leurs forces font sisouvent inférieures à leur âge, qu’il estnaturel de penser que les mêmes incon-véniens ont lieu durant la vie du fœtus.II n’y a dès lors que les signes d’un avor-ton qui puillènt faire penser que cet enfantn’appartient pas au pere mort depuis neufmois. Les maladies ou les incommoditésqu’une femme peut éprouver durant íagrossesse , la délicatesse de son tempé-rament , expliquent trop naturellementla foibleííe de Pensant , fa maigreur , fapetitesse, pour accuser cette femme d’in-fidélité , fans autres preuves.

Ce seroit peut-être le cas d’examinerynç question, qui par la multiplicité des

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f écrits & le partage des opinions, a soutenu

! & soutient encore un préjugé qui paroîtrespectable. La force de I’imagination desfemmes enceintes fur le fœtus qu’eîlesportent, a trouvé des contradicteurs &des partisans ; les uns & les autres s’é-tayent de l’obfervation , & le parti dumerveilleux qui nous a toujours séduits,a long-tems balancé ce que les raisonsavoient de démonstratif dans l’opinioncontraire. Les faits n’ont jamais manqué;& quoique l'exagération fe glisse quel-quefois dans les certificats les plus au-thentiques , & que l’imagination préve-nue , façonne les objets lorfqu’il s’agit deplaider la cause de l’imagination , il fautadmettre des faits : qu’importe leur exis-tence , si leur connexion avec la causesupposée est gratuite ou contradictoire ?Les vices de logique font si commuas dansnos conséquences ! je parlerai ailleursavec détail de cette influence prétendue,elle n’entre point dans le plan de cetarticle , & les raisons que j’allegue, fontindépendantes de l’une & de l'autre opi-nion.

Peut-on douter que le fœtus dans lesein de fa mere ne soit exposé à différen-tes maladies ? Ne reconnoît-on d autrescauses que les extérieures ? Les dégénc-rations des humeurs ou des solides , lesvirus écrouelleux , scorbutiques, véné-riens } les dispositions à l’épilepsie , lagoutte , &c. ne font-lles pas des causesastè? actives ? Et d’ailleurs n’est-il pasconséquent de penser que les causes lesplus étrangères agissant fur la mere, peu-vent agir fur le fœtus par contre-coup ?L’extrême délicateíïè des organes d’unembryon ou d’un fœtus qui est éloigné duterme , rend inappréciable l'effet d'unecause de ce genre. On auroit tort del’évaluer par l’analogie de ce qui arrivefur les enfans ou les adultes. Dans cetems où les parties similaires s’arrangentpour former un tifïù organique , les pluslégers inconvéniens dans leur marche ,leur développement , leur nutrition ,font probablement des obstacles insur-montables qui font varier les formes.

Plusieurs enfans naislènt avec des insis-mités sensibles qui fe perpétuent souvent.