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Tome quatrième.
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BAC

prêtresses étoient au nombre de qua-torze. Il est pourtant fait mention dansl’ântiquité d’un grand prêtre de Bacchus,si respecté de tout le peuple , qu’on luidonnoit la premiere place dans les spec-tacles. Platon bannit de fa républiquela danse des bacchantes , & leur cortegecomposé de nymphes , d’égypans , de si-rènes , & de satyres, qui tous ensembleimitoient les ivrognes , & presque tou-jours d’après nature , fous prétexte d’ac-complir certaines expiations ou purifica-tions religieuses. Ce philosophe penseque ce genre de danse n’étant conve-nable ni à la guerre , ni à la paix ; &ne pouvant servir qu’à la corruption desmœurs , il doit être exclus d’un étatbien policé. Tacite racontant les dé-bauches de Meflàline & de ses femmes,en fait ce portrait tout semblable auxextravagances des bacchantes > lœminœpellibus accinclœ ajsultabant , ut sacri-ficantes vd infanientes bacchce. Ipfa crínefiuxo , tyrsum quatiens, juxtaque Si-lius hedera cinclus , gerere cothurnos ,jacere caput , Jlrepente circum procacichoro. », Les femmes de Mestaline re-», vêtues de peaux bondissoient & folâ-», troient comme les bacchantes dans leurs», sacrifices ; elle - même les cheveux», épars agitoit un thyrse ; Siîitis ( son», amant ) étoit à ses côtés , couronné„ de lierre , chaussé d’une cothurne , jet-», tant la tête deçà & delà , tandis que», cette troupe lascive dansoit autour de», lui,, , ( G )

BACCHE , s. m. dans la Poëfie Gre *•que & Latine, espece de pied composéde trois syllabes ; la premiere breve , &les deux autres longues , comme dans cesmots, ëgëjîâs âvârî.

Le bacche a pris son nom de ce qu’ilentroit souvent dans les hymnes com-posées à l’honneur de Bacchus. Les Ro-mains le nommoìent encore œnotrias ,tripodius , jaltans , & les Grecs 'ttc/Ao.ij.-e@-. Dioin lll.pag. 475. Le bacche peutterminer un vers hexamètre. Vovez PlÉ.Ùc. ( C) M

BACCHIGLIONE, ( Ge'ogr. ) rivièred’Italie , dans PEtat de Venise. Ellearrose Vicenze ,& le Padouan , & seTome IV*

BAC i8z

jette ensuite dans le golfe de Venise, prèsde Chiozza. ( f )

* BACCHIONITES, f. m. plur. {Hìst.âne. ) c’étoient , à ce qu’on dit, des phi-losophes qui avoient un mépris si univer-sel pour les choses de ce bas monde,qu’ils ne se réservoient qu’un vaisseaupour boire ; encore ajoute-t-on qu’und’entre eux ayant apperçu dans les champsun berger qui puísoit dans un ruisseaude l’eau avec le creux de sa main , iljetta loin de lui sa tasse , comme unmeuble incommode & superflu. C’est cequ’on raconte austx de Diogene. S’il ya eu jamais des hommes aussi désinté-ressés , il faut avouer que leur métaphy-sique & leur morale mériteroient biend’être un peu plus connues. Après avoirbanni d’entre eux les distinctions funestesdu tien & du mien, il leur restoit peude choses à faire pour n’avoir plus aucunsujet de querelles , & se rendre aussiheureux qu’il est permis à l’homme del’être.

* BACCHUS , ( Myth. ) dieu, du Pa-ganisme. On distingue particulièrementdeux Bacchus : celui d’Egypte, fils d’Am-mon , & le même qu’Oíìris ; celui deThebes , fils de Jupiter & de Semelé ,auquel on a fait honneur de toutes lesactions des autres. L’Egyptien fut nourrià Nisa , ville de l’Arabie heureuse , &ce fut lui qui fit la conquête des Indes.Orphée apporta son culte dans la Grece,& attribua par adulation les merveillesqu’il en racontoit à un Prince de lafamille de Camus. Voy q; OSIRIS.

Le Thébain acheva dans la cuisse deson pere le reste du temps de la gros-sesse de fa mere , qui mourut fur sonseptième mois. Euripides dans ses Bac-chantes , dit que Jupiter déposa cet en-fant dans un nuage pour le dérober à lajalousie de fa femme ; & Eustathe , qu’ilfut nourri fur le mont Meros , quisignifie cuijse , équivoque qui aura vrai-semblablement donné lieu à la premierefable. Bacchus alla à la conquête desIndes à la tête d’une troupe de femmes& d’hommes armés de thyrses & de tam-bours. Les peuples effrayés de la mul-titude & du bruit, le reçurent comme