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Tome quatrième.
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BAC

été quatre ans maître ès Arts dans l’unî-versité , faire deux ans d’étude en mé-decine & subir un examen , après quoion est revêtu de la fourrure pour en-trer en licence. Dans l’univeríìté de Pa-ris , avant la fondation des chaires deThéologie, ceux qui avoient étudié sixans en Théologie étoient admis à faireleurs cours , d’où ils étoient nommésbaccalarii curfores : & comme il y avoitdeux cours , le premier pour expliquerla bible pendant trois années consécuti-ves ; le second, pour expliquer le maî-tre des sentences pendant une année;ceux qui fai’oient leur cours de la bibleétoient appelles bacalarii bibliçi ; & ceuxqui étoient arrivés aux sentences, bac-calarii Jententiarii. Ceux enfin qui avoientachevé l’un & l’autre étoient qualifié? bac-calarii formati ou bacheliers formes.

II est fait mention encore de-B ache-liers d’Eglise, baccalarii Ecclejìœ ,l’Evique avec tes chanoines & bacheliers ,cum confilio & confenju omnium cano-nicorum Juorum & baccalariorum. II n’y aguere de mot dont l’origine soit plus dis-putée parmi les critiques que celui debachelier , baccalarius ou baccalaureus :Martinius prétend qu’on dit en latin bac-calaureus : pour dire baccd laureâ do-na t us , & cela par allusion à l’anciennecoutume de couronner de laurier les poè-tes , baccis lauri , comme le fut Pétrar-que à Rome en 1341. Alciat & Vivesfont encore de ce sentiment : Rhenanusaime mieux le tirer de baculus ou bac-cillus , un bâton, parce qu’à leur pro-motion , dit-il , on leur mettoit en mainun bâton , pour marquer l’autorité qu’ilsrecevoient. qu’ils avoient achevé leursétudes, & qu’ils étoient remis en liberté ;à-peu-près comme les anciens gladia-teurs , à qui l’on mettoit à la main unbâton pour marque de leur congé ; c’estce qu’Hoi-ace appelle rude donatus. MaisSpelman rejette cette opinion , d’autantqu il n’y a point de preuve qu’on ait ja-mais pratiqué cette cérémonie de mettreun bâton à la main de ceux que l’oncréoit bacheliers ; & d’ailleurs cette éty-mologie conviendroit plutôt aux licen-ciés qu’aux bacheliers , qui font moins

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censés avoir combattu qu’avoir fait unpremier estai de leurs forces, commeí’insinue le nom de tentative que porteleur these.

Parmi ceux qui soutiennent que les ba-cheliers militaires font les plus anciens ,on compte Cujas qui les fait venir debaccellarii , forte de cavalerie fort esti-mée autrefois ; Ducange qui les tire debaccalaria , forte de fiefs ou de fermesqui contenoient plusieurs pieces de terre•de douze acres chacune , ou de ce quedeux bœufs pouvoient labourer. Selon luiles postèstèurs de ces baccalaria , étoientappellés bacheliers. Enfin Cafeneuve &Hauteferre font venir bachelier de bacu-lus ou baccillus , un bâton , à cause queles jeunes cavaliers s’exerçoient au com-bat avec des bâtons ; ainsi que les ba-cheliers dans les universités s’exercent pardes disputes. De toutes ces étymologiesla premiere est la plus vaifemblable, puif-qu’il n’y a pas encore long-temps que dansl’université de Paris la these que les as-pirants à la maîtrise ès Arts étoient obli-gés de soutenir, s’appelloit l’acte pro lau-rea artium. Ainsi de bacca lauri , quisignifie proprement le fruit ou la grainede laurier , arbre consacré de tout tempsà être le symbole des récompenses accor-dées aux savants , on a fait dans notrelangue bachelier pour exprimer un étu-diant qui a déjà mérité d’être couronné.

(G)

Bachelier , ( Commerce. ) c’est unnom qu’on donne dans quelques-uns dessix corps de marchands de Paris , aux an-ciens & à ceux qui ont pastè par les char-ges, & qui ont droit d’être appellés par lesmaîtres & gardes pour être présents aveceux & les asiister en quelques-unes deleurs fonctions, particulièrement en cequi regarde le chef - d’œuvre des aspi-rants à la maîtrise. Ainsi dans le corpsdes marchands Pelletiers le chef-d’œuvredoit être fait en présence des gardes quifont obligés d’appeller avec eux quatrebacheliers dudit état.

Le terme de bachelier est aussi en usagedans le même sens dans la plupart descommunautés des Arts & métiers de 1»ville de Paris, V. Communauté. ( G)