Band 
Tome quatrième.
Seite
229
JPEG-Download
 

BAI

minéraux qu’elle a dissouts ; tantôt muci-lagineuse, & agit avec une énergie re-lative aux qualités particulières des muci-lages auxquels elle s’est associée ; elleprend le nom de liqueur lorsqu’elle sertde véhicule à des huiles éthérées plus oumoins concentrées.

XXXIX. La température de l’eau pure& de ses composés, différé à raison de laquantité des molécules ignées qui ontpénétré ces fluides.

XL. Les qualités naturelles & acciden-telles de l’eau lui donnent différentespropriétés.

Par fa pesanteur , elle peut preílèr lasurface du corps , ajouter son poids à laforce résistante de nos vaisseaux , & con-tre-balancer la force expansive des hu-meurs ; le tout à raison de son volume,exprimé par la hauteur de la colonne dece fluide.

Sa fluidité aidée de sa pesanteur, luidonne la faculté de passer à travers lespores , de s’insinuer dans les intersticesdes fibres organiques , & même entre leséléments des fibres similaires , de pénétrerdans le tissu cellulaire & dans les vais-seaux , & de se mêler aux humeurs.

XLI. Toutes les fois que l’eau , con-sidérée dans son état de pureté , sera ap-pliquée au corps humain , elle en com-primera donc la surface avec une forceproportionnée à la hauteur de la colonnequi preslbra, & à la densité de ce fluide,& par cette compression elle fera refluerla maíso humorale sur les parties inté-rieures , occasionnera un pléthore , &tous les effets qui en dépendant.

XLII. En s’introduisant dans les fibres,en y adhérant, l’eau diminuera le contactde leurs éléments & de leurs aggrégats ,& les portera à un relâchement propor-tionné à la quantité de molécules aqueusesintroduites.

En pénétrant le tissu cellulaire , cesmolécules relâcheront les fibres mêmesdes parties internes.

En se mêlant à, la maíso humorale ,elles la délayeront , en dissoudront lesparties salines , l’édulcoreront & la ren-dront plus mobile.

XLIÌI. Ces distsrents effets de l’appli-

B A I 22)

cation de l’eau seront encore ou diminuésou augmentés par ía température & dansles proportions relatives à faction desmolécules ignées fur nos humeurs , furnos solides & fur nos nerfs.

XLIV. L’eau unie au principe aérienou naturellement dans les sources miné-rales , ou artificiellement en l’exposantà de l’air fixé dans le moment où il s’é-chappe de quelque corps, en devient pluspénétrante , plus délayante , & sur-toueplus édulcorante à raison de la propriétéantiseptique de l’air fixe.

XLV. Les mucilages unis â l’eau fansintermède salin , en augmenteront la pro-priété relâchante, parce que leurs parti-cules introduites avec les aqueuses , dimi-nueront davantage le contact des fibres& de leurs éléments ; mais fa viscosité &sa densité augrrtenteront par cette union,& sa fluidité diminuant en même pro-portion , leur effet se bornera presqueentièrement à la surface du corps, à lapeau. L’eau unie à des mucilages par unintermède salin , & sous forme savon-neuse , portera plus loin ses esters , &pourra pénétrer jusques dans la masse hu-morale ; elle fera alors moins émolliente ,moins relâchante , mais elle délayera &atténuera plus efficacement les humeurs.

XLVI. Lorsque ce fluide servira devéhicule à des huiles éthérées, il ne péné-trera que difficilement à travers les pores& les vaistèaux absorbants : les fibres ir-ritées se resterreront , & s’opposeront àl’intromistìon des particules intégrantesde ces huiles ; de façon qu’excepté íes plussubtiles auxquelles íe phlogistique impri-me une forme pénétrante , particulière ,toutes borneront leurs effets à la surfacedu corps , & les liqueurs en ces circonstan-ces seront stimulantes , toniques ; ellesdeviendront échauffantes par l’augmenra-tion de la force résistante des fibres & deleur contractilité , par la raréfaction quele phlogistique dont elles sont chargées ,opérera dans les humeurs , & par l’irri—tation que produiront celles de leurs mo-lécules , qui auront franchi la barrièreque les fibres contractées leur auront op-posées.

XLVII. Le mélange de l’eau avec des