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BALLON , terme d’Artificier ; les Arti-ficiers appellent ainsi une efpece de bombede carton qu’on jette en l’air comme unevéritable bombe, par le moyend’un mor-tier. L’esset de cet artifice est de monteravec une très-petite apparence de feu , &d'en jeter subitement une grande quantitéaprès être parvenu au sommet de son élé-vation , à sa différence des bombes, quine doivent crever qu’à la fin de leur chiite,Voye\ Bombe. On les divise en ballonsd'air , & ballons d'eau.
Comme cet artifice est fait pour êtrejeté en l’air, il est évident qu’il n’y apoint de figure qui lui convienne mieuxque la sphérique , qui présente toujours-une surface & une résistance égale aufluide de l’air de quelque côté qu’elle setourne; c’est pour cette raison qu’on faitles balles , boulets & bombes d’Artillerierondes en tout sens, plutôt que cylin-driques ; cependant les Artificiers sem-blent préférer , pour les ballons , la figurecylindrique à la sphérique , pour leurdonner plus de capacité & plus de com-modité à y ranger de certaines piecesd’artifice dont on doit les remplir.
Lorsqu’on fait les ballons sphériques,il y a deux maniérés de préparer les car-touches pour les remplir : l’une est deformer deux hémisphères qu’on remplitchacune à part, qu’on applique ensuitel’une contre l’autre , & qu on lie par desbandes de carton & de toiles croisées &collées ; cette maniéré a des inconvénientspour la réunion qui devient difficile àcaule des évasements inégaux qui se for-ment en chargeant.
L’autre est de former le cartouche avecdes fuseaux , & de ne les coller premiè-rement qu’à moitié, ou aux deux tiers deleur longueur , en forte qu’il y reste uneouverture suffisante pour y introduire lamain , si elle est nécessaire pour l’arran-gement, ou seulement un trou de gran-deur convenable pour y introduire lesartifices & la fusée de communication ,qu’on appelle le porte-feu. Lorsque toutest en place, on replie les bouts des fu-seaux à mesiire que le ballon se remplit,en le collant par le moyen des doublesqui croisent sur les pieces de l’intérieur ;
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& enfin , pour le former tout-à-fait, oncolle les pointes de ces fuseaux sur le boutdu porte-feu, qui sort d’environ un poucehors du ballon ; ce qui affermit très-bientoutes ces parties, & fournit le moyend’arranger & de remplir commodément& exactement tout le vuide du ballon.
On commence par mettre au fond duballon , une certaine quantité de relien ,ou de poudre grenée, proportionnée à fagrandeur , comme une ou deux onces,mêlée d’un peu de poulverin pour servirde chasse, qui sait crever la bombe &poustè sa garniture au-dehors : comme ilest à propos que cette chasse soit retenueoù on l’a mise, & qu’elle ne se répandepas ailleurs lorsqu’on renverse ou qu’onremue la bombe chargée, on la couvred’un lit de coton d’étoupille en feuillemince , c’est-à-dire , simplement étenduesans être filée ; d’autres la renferment dansun sac de papier plat & mince, qu’on ar-range de maniéré qu’il occupe le fond.
On met ensuite au milieu un cartouchevuide posant sur ce sac, pour y conserverle passage du porte-feu , & l’on arrangeautour de ce cartouche , la garniture duballon , qui peut être de différentes espe-ces d’artifice.
La premiere est celle dont l’esset pro-duit la chevelure, laquelle est faite de car-touches de lardons, ou de tuyaux de ro-seaux coupés de la longueur du ballon , &remplis d’une composition lente faite detrois parties de poulverin, de deux de char-bon, & d’une de soufre humecté d’un peud’huile de pétrole , enfin amorcés par lebas de pâte de poudre écrasée dans de l’eaupure , ou de l’eau de vie, qu’on fera en-suite sécher ; on arrange tous ces artificesdans le cartouche autour de celui qui faitle paslàge du porte-feu , & après qu’il estplein, on y introduit le porte-feu toutchargé jusqu’à ce qu’il pose sur la chaste ;& comme il est lié au couvercle , oncolle ce couvercle par les bords déchique-tés , fur celui du cartouche, & le ballonest fini.
La seconde espece’de garniture est celledes serpenteaux , qu’on arrange commeles tuyaux de roseaux dont nous venonsde parler, la gorge en bas fur la chaste.