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C uïture. Le melen fleurit en décembre,
& ses fruits font mûrs vers la fin desmois pluvieux qui font avril & mai ; ilcroît abondamment dans les plaines &les lieux froids & humides , par toutesles îles Molu qu es où il forme des forêtssi épaisses & si obscures, que l’on croîtêtre plongé dans la nuit la plus noire ,lorfqu’on est fous son ombre, & c’estde là que vient le nom d 'arbre de nuitque lui ont donné les Malays.
Culture. Les Malays en forment desbaies en piquant en terre ses branchesqui prennent racine aisément , & quifourniffènt abondamment des feuillespour leur usage.
Qialites. Ses feuilles ont une saveuracide , amere , & se trouvent toujoursentieres & faines , fans être attaquées paraucun insecte. Son corps a deux ou troisdoigs d’aubier blanc & mou ; son cœurest jaune & égal, excepté dans les vieuxtroncs qui l’ont quelquefois creusé &amolli , ou carié par un suc pénétrantdont il abonde, & qui se deíìeche diffici-lement : il est comme spongieux , gluantcomme s’il eût été enduit de cire, &trop mou pour recevoir le poli.
XJsages. Malgré Pamertume qui fe faitsentir dans les feuilles du mélun , lesMalays & les Macaíl'ares en enveloppentleurs postions, les y font cuire Òc les man-gent ainsi enveloppés ; ils appellent cemets boboto. D’autres cuisent ces reuillesdans Peau, les hachent comme des épi—nards, les mêlent avec leur riz, quMsmangent ainsi assaisonné avec un peu devinaigre ou de suc de bocaffi; car cespeuples aiment beaucoup quand une lé-gere amertume domine dans leurs mets :ils en mangent aussi les fruits , fur-toutdans les dilettes & en temps de guerre.C’est ce qui arriva aux montagnards deGorama qui , pendant la guerre qu’ilsessuyèrent en 16^9 avec les Hollandois,lassèrent voir après leur retraite des tas deces fruits qu’ils avoient amoncelés auprèsde leurs cases, pour leurs provisions, fauted’autre nourriture.
Les habitants de Baleya broient fesfeuilles dans l’eau, dont ils fe lavent latête pour sç rafraîchir dans les fievres
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ardentes. A P égard des enfants attaquésdes mêmes fievres, ils leur frottent lecorps & l’enveloppent d’un cataplasmefait des mêmes feuilles pilées.
Les Macassares font de son tronc &de fes branches les montants de portes& des pieux ; mais ils durent peu , & fontíujets à la carie & aux vers.
Quatrième efpece. Comi.
Le comi ou comi-comi des habitantsde Ternate, est une quatrième efpece debancal , semblable par fa grandeur, fesfeuilles & fes fruits au melen , mais quien diffère par les caractères suivants :i°. son tronc est roussâtre comme fesbranches ; 2 0 . fes feuilles ont leurs côtesinférieures rouges ou brunes j 3°. son boisest plus jaune.
Les habitants d’Amboine n’en fontaucun usage , & ils sont persuadés quequelqu’un qui tiendroit quelque tempsses feuilles dans les mains , éprouveraitune diminution sensible dans fa vue quise troublerait & perdrait de fa clarté.
Remarques. Le bancal fait, comme l’onpeut juger par nos descriptions, un genreparticulier de plante qui sc range natu-rellement dans la famille des aparines,c’est-à-dire, du café , près du rojoc, dansla seconde section des plantes qui ontplus de deux graines dans leur fruit ; & ildiffère du rojoc en ce que fes étaminesfont plus longues que la corolle, & que sesfruits, au lieu de quatre semences grosses& plates, contiennent chacun plus de cin-I quante graines rondes, menues commedes grains de fable. ( M. Adanson. )
* BANCALIS, (Geòg.) ville de l’Uede Sumatra, au royaume d’Achem , versle détroit de Malaca. Long. 118. lat. i. y.
BANCAS, f. m. (Hist. nat. Sotaniq. )nom Malays d’une efpece de diofpyros ouguiacana , que Rnmphe désigne par lenom de arbor nìgra latifolia , & dont ildonne une courte description sans figureau volume III. de son Herbarium Amboi-nìcum , page 10 & 12. Les habitantsd’Amboine rappellent lou-yla , ou aymet-ten lou-yla , & les Malays caju ìtam daurtbe'faar , qui veut dire arbre noir à feuilleslarges.