5©o BAS
La lasse est la plus importante desparties ; parce que c’est fur elle que s’é-tablit le corps de l’harmonie ; auffi est-cetine espece d’axiome parmi les musiciens,que quand la basse est bonne, rarementl’harmonie est mauvaise.
• B A S
Il y a plusieurs efpeces de basse ; bassefondamentale, dont nous ferons un ar-ticle particulier.
Basse continue , ainsi appellée parcequ’elle dure pendant toute la piece ; sonprincipal usage, outre celui de régler
exprimés avec force , qui occupent successivement l’oreilîe pendait que dans le même temps elleest attentive à une ou plusieurs suites de tons aigus qui harmonient avec ceux-là , fie se suc-cèdent mélodieusement. Ainsi rouie est occupée de deux objets à la fois , de l’harmonie de lahase accompagnante , fie de la mélodie des tons supérieurs.
La base chantante a une mélodie que la base accompagnante n’a pas ; cela n’empêche pasque celle - là ne puissè tenir lieu de base fondamentale.
La base est donc aujourd’hui la premiere partie de la musique , c’est à elle que toutes lesautres parties font subordonnées. Elles résultent proprement toutes de la base , puisqu’elles ne.peuvent donner aucun ton principal qui ne soit fondé fur 1 harmonie de la base. Si le compo-siteur a bien choisi la suite de ses tons de base , 6c qu’il en ait déduit , selon les réglés, lesxons des parties supérieures, íà composition est correcte. Un air peut avoir de grandes beautés,fans que la base y entre ; mais c’est la base qui peut le rendre parfait , en ajoutant l’harmonieàj l’expression du chant.
La distance d’intervalles entre la base fie les dessus demande une recherche exacte. Puisque
1 expérience enseigne qu’avec le ton I, les tons \ , j , ? , &c. se font entendre , il est clair , quele dessus ne peut se rapprocher plus près de la base accompagnante que d’une octave. S’ils en rapprochoit davantage , l'harmonie en seroit nécessairement dérangée. Si , par exemple l’on«joutoit dans la base au ton fondamental fa tierce majeure fie fa quinte , cès deux nouveauxtons feroierrt résonner leurs tiérees fie leurs quintes aussi distinctement qu'o n entend celles duton fondamental: ce qui, comme il est aisé d’en faire le calcul, produiroit des tons si disso-nants , que l’harmonie en seroit troublée. C’est donc une faute absurde quand dans les orgueson joint aux tons de base leur tierce fie leur quinte.
D’un autre côté, lestons de base ne doivent pas être si éloignés des dessus, que l’oreillene puiílê aisément distinguer les rapports. Quand une basse corde est pincée , on n’entend dis-tinctement que son octave , la quinte de l’octave , la double octave, fie la tierce majeure de3a double octave ; cela veut dire qu’en donnant le ton I , on fait encore entendre les tons
2 j t > , st n’est pas douteux que tous les tons suivants ì, ? , ì , 6 c. à l’infini , ne résonnent■•aussi ; mais leur son n’est plus assez perceptible pour que l’oreiíle puisse le distinguer. Si doncl’on mettoit un intervalle de trois octaves ou davantage entre la base fie les tons supérieurs ,<?n affoibliroit trop l’effet de l’harmonie ; il faut par conséquent , loríqu’on veut s’élever auxtons les plus aigus, fans changer de base , remplir les octaves intermédiaires, pour faire sentir-l’harmonie du premier dessus..
De l'expérience que nous venons de rapporter , résulte encore une réglé tròs-importante pourle compositeur, c’est que les parties les plus voisines de la base exigent une exactitude bien plusscrupuleuse à l’égard de l’harmonie, que les parties plus élevées. La raison en est que dans ungrand intervalle du ton de basê , la plus forte dissonance n’est que très-peu sensible , la distance,des tons ne permettant pas d’apprécier exactement leur rapport ; au lieu.que la moindre disso--mnee entre des tons qui ne diffèrent que d une octave , est très-sensible..
On en peut aussi conclure î°. , que la base la plus simple est la meilleure ; î. 0 . qu’elle n’estfufdeptible d’ornement que lorsque les parties supérieures font des pauses ; 3°. que les tons hachésy produisent pour l’ordinaire un mauvais effet, fie qu’ils doivent être soutenus ; 4 0 - enfin que<c’est la partie qui doit être la mieux remplie , afin qu’elle domine fur les autres ; rien n’afioi-blit plus l’esset d’une musique , que lorsque les deflus empêchent d’entendre. la base.
La base chantante est d’une composition très-difEcile dans les airs à plusieurs parties. Car pouraie pas manquer à l’harmonie , on est. ordinairement obligé de faire, monter la base , tandisc]ue les parties supérieures descendent,, fie réciproquement de la faire descendre quand celles-ci montent, ce. qui peut aisément faire manquer à ['expression. C’est supposer que de deux per—sonnes qui vont exprimer le même sentiment , l’une éleve la voix tandis que l’autre la laisse tom-ber. Une bonne basé chantante est un chef-d'œuvre. ( Cet article es tiré de la Théorie {énéralt,-ies Beaux-Arts de M, Svjlzkju.
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