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Tome quatrième.
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55° BAT

L’ordonnance, les proportions les dé-corations , n’ont rien d’arbitraire. Cen’est ni la fantaisie, ni le caprice , maisun goût sûr , & un jugement réfléchi quidoit les déterminer d’après la nature dubâtiment. Les proportions qui convien-nent à la fabrique d’un temple ou d’unchâteau , feroient déplacées dans la mai-son d’un particulier, aussi-bien que lesvastes salles d’audience précédées de leursanti-chambres ; comme d’un autre côté,un extérieur simple & modeste, une ar-chitecture unie & peu chargée , qui con-vient très-bien à une maison ordinaire ,désigureroit un palais.

En matière d’ornemens, le grand & lemagnifique n’appartiennent qu’aux édifi-ces distingués par leur grandeur & parl’objet de leur destination ; mais la pro-preté , la régularité , enrichie même dequelques ornements bien ménagés , peuttrès-bien convenir aux maisons des parti-culiers un peu aisés.

On peut ramener toutes les réglés par-ticulières fur cet objet à une feule réglégénérale : c’est que chaque bâtiment doitrépondre á son caractère & à son but danstoutes ses parties , tant essentielles qu’ac-cidentel les , & plaire en même temps àla vue selon son genre , en présentant detous côtés de belles proportions du goût,de la solidité & de l’exactitude. Toutefaute commise contre cette réglé, pro-duit un défaut capital dans le bâtiment.Ils sont en trop grand nombre pour enfaire ici l’énumération ; nous nous con-tentons de répéter que pour juger solide-ment d’un bâtiment ; il faut examiner &l’ensemble & les parties dans leur rap-port avec la nature & destination de l’é-difice ; connoítre par conséquent à fondles mœurs, la maniéré de vivre, les genresd’oecupations & les usages du pays dont onentreprend d’examiner la façon de bâtir.

Au reste tout édifice , quelle qu’enpuisse être la destination , doit être so-lide , régulier , bien proportionné, &bien fini dans toutes ses parties, que touty soit élevé à plomb , ou couché de ni-veau ; que chaque poids ait un soutienproportionné , & que d’un autre côté onne voie ni forces, ni appuis où il n’y a

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rien à-supporter. Des colonnes ou pilastresqui ne soutiennent aucun poids; des appuistrès-massifs , qui ne portent rien que defort léger , font des absurdités en archi-tecture qui choquent le bon sens. II estridicule de voir aux portes des maisonsparticulières des esclaves en forme colos-sale , soutenir un léger balcon dans l’atti-tude des cariatides. En un mot, chaquepartie d’un bâtiment, soit qu’elle contri-bue à fa solidité ou à son ornement, doit,dès sabord , présenter une belle propor-tion , & indiquer en même temps le butpour lequel elle se fait voir là où elle est,& c’est fur ce but qu’il faut la juger.( Cet article efl tire' de la The'orie généraledes Beaux Arts de M. Sulzer. )

Bâtiment , (Marine.) on entendordinairement par ce mot toutes sortesde navires ou vaisseaux , depuis le pluspetit jusqu’au plus grand, lorsqu’ils nefont pas vaisseaux de guerre , il y acependant beaucoup de gens qui l’attri-buent également aux vaisseaux de guerre,& aux vaisseaux marchands.

Bâtiment ras , c’est un bâtiment quin’est pas ponté.

Bâtiment délicat , c’est un navire foi-ble de bois. (Z)

BATIR, v. act. & n. terme d'Architec-ture, se dit & de la dépense que fait unparticulier pour élever ou restaurer unbâtiment, & du travail de l’architectechargé de la conduite des ouvrages.Aussi dit-on de quelque ouvrage d’im-portance , un tel prince a bâti tel édi-fice , & que tel architecte a bâti tel monu-ment , parce qu’il en a donné !es desseins.

On dit encore qu’un entrepreneur bâtitbien , lorsque ses bâtiments font cons-truits avec choix de bons matériaux, &avec le foin & la propreté que l’art de-mande. Voyei Bâtiment. (P)

BATIR ou Bassetir , terme de Cha-pelier , c’est façonner le feutre fur lebassin pour en former les quatre capades:quand elles ont été bien marchées & feu-trées , on les joint ensemble & on encompose un tout qui ressemble astez àune chaufte à hypocras, après quoi onfoule, & on dresse le chapeau fur uneforme de bois avec l’avaloire, la piece,