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Tome quatrième.
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passion ; Y émolument est affecté aux em-plois ; le bénéfice semble dépendre de labienveillance des autres. Le gain est pourlés joueurs ; le profit pour les marchands ;le lucre pour les hommes intéressés ; Yémo-lument pour certaines gens de robe & definance ; & le bénéfice pour celui qui re-vend fur le champ. Le joueur dira , fiaipeu gagné ; le marchand, je n’ai pas jàitgrand profit ; Temployé, les émolumens demon emploi font petits ; le revendeur ,accorde^-moi un petit bénéfice ,• & l'on peutdire d’un homme intéressé , qu’il aime lelucre.

Bénéfice, f. m. ('Droit canoniq.fi officeecclésiastique auquel est joint un certainrevenu qui n’en peut être séparé. Ce nomvient de ce qu’au commencement les évê-ques donnoient quelquefois aux ecclésias-tiques qui avoient long-temps servi, quel-que portion des biens de l’église pour enjouir pendant un temps , après lequel cefond revenoit à TEglise , ee qui ressem-bloit aux récompenses que les empereursaccordoient aux soldats romains en con-sidération de leurs services ; d’où l'on ap-pelloit ces soldats , milites beneficiarii& d’où quelques auteurs tirent l’originede nos fiefs. Ce nom a passé ensuite auxecclésiastiques, à qui on a donné de sem-blables fonds pour subsister. Leur véritableorigine ne paroît pas avoir précédé le VIIIsiécle , où l'on fit le partage des biens d’E-glise. On ne laisse pourtant pas que detrouver quelques vestiges des bénéfices dèsl’an 500 , fous le pape Symmaque : onvoit qu’alors on donna à un clerc qui avoirbien servi PEglise , un champ en fondsqû’il posséda , & dont il tira fa subsistance.On trouve de plus dans un canon du pre-mier concile d'Orange , tenu en 441 ,quèlques traces de la fondation des béné-fices , & du droit' de patronage tant ec-clésiastique que laïque : mais ce n’étoit pasl’ordinaire avant le VIu siecle ; commu-némertt les ecclésiastiques subsistoient desrevenus des biens des églises & des obla-tions des fideles , que l’évêque distribuoitentr’eux. Du temps de Charlemagne , lescurés & les autres ministres de l’Eglise ,jouissoient de revenus fixes & certains ,& percevoient des .dixmcs ; j8c cette cou-

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tume sli-tablit dans tout l’occident. Ce futalors que ces titres ecclésiastiques furentappellés bénéfices , & que chaque clerceut un revenu attaché à son titre.

Les bénéfices sont ou séculiers ou ré-guliers. Les séculiers font l’évêché, lesdignités des chapitres ; savoir, la prévôté ,le doyenné , sarchidiaconné , la chance!lerie, la chantrerie , les charges d’écolâ-tres ou capiícol, ou théologal, de tré-sorier , de chevecier ; & les canonicats ,qui sont des places de chanoines , ou fansprébende , ou avec prébende, ou avec lc-mi-prébende. Les autres bénéfices séculiersles plus ordinaires, sont les simples cures,les prieurés - cures , les vicaireries perpé-tuelles , les prieurés simples , & leschapelles.

Les bénéfices réguliers sont l’abbaye entitre , les offices claustraux qui ont un re-venu affecté , comme le prieuré conven-tuel en titre , les offices de chambrier ,aumônier , hospitalier, sacristain , célérier,&• autres semblables. Les places de moi-nes anciens & non réformés, font regardéespresque comme des bénéfices. On ne donnepourtant proprement ce nom qu’aux of-fices dont on prend des provisions.

On divise encore les bénéfices en béné-fices sacerdotaux , bénéfices à charge d'a-mes , & bénéfices fimples. Les bénéficesfacerd.otaux sont des bénéfices ou dignitésecclésiastiques , qu’on ne peut postéder fansêtre prêtre , ou en âge de l’être du moinsdans Tannée. Les bénéfices à charge d’âmessont ceux dont le pourvu a jurisdiction surune certaine portion de peuple , dontTinstruction est confiée à ses soins ; tels fontles évêchés & les cures. Enfin les bénéficesfimples sont ceux qui n’ont ni charge damesni obligation d’ailer au chœur , & qui ,par conséquent , n’obligent point à rési-dence ; telles sont les abbayes ou prieurésen commende , & les chapelles chargéesseulement de quelques mestès , que Tonpeut faire célébrer par d’áutres.

II y a des irrégularités qui empêchent deposséder des bénéfices ; telles que la bâ-tardise , la bigamie , la mutilation , lecrime public pour lequel on peut êtrerepris de justice, & le crime ecclésiastique,comme Thérésie , la simonie , la confi-