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Van-Rheede, à la planche XXX Fy P û g e69 y du volume F , de son Hortus Ma-labaricus. Les Brames l’appellent babouli& gali, les Portugais efpinào d’urso y lesHollandois appel doorn , & non pas aapeldoorn y comme récrit J ean Commelin.
Cet arbristèau n’a guere que douze piesde hauteur. Son tronc est droit, cylindri-que , élevé de cinq à-six pies fur cinq à sixpouces de diamètre, & couronné par unecime conique , une fois plus longue quelarge , épaisse , formée par un grand nom-bre de branches cylindriques , longues ,très-serrées, rapprochées ou écartées fousun angle à peine de trente degrés d’ouver-ture, à bois blanc recouvert d’une écorcerouste d’abord , ensuite cendrée , lors-cju’elles font vieilles & armées d’épines.
Sa racine est fibreuse , à bois blancrecouvert d’une écorce purpurine tirantfur le noir.
Les branches font couvertes d’un bout àl’autre de fix à neuf paires de feuilles op-posées en croix dans le bas, & quelquefoisalternes vers les extrémités qui portent desfleurs. Ces feuilles font elliptiques, poin-tues aux deux extrémités , longues de deuxpouces à deux pouces & demi, de moitiémoins larges , entieres , épaistès, listes ,luisantes , d’un verd-noir en dessus, plusclair en dessous, où elles font relevéesd une côte longitudinale , ramifiée en sixà sept paires de nervures alternes de cha-que côté , & portées d’abord fous un anglede 45 degrés , ensuite horizontalement surun pédicule demi-cylindrique fort court.
Dans l’efpace compris entre deux pairesde feuilles sortent deux épines coniques ,droites , ouvertes fous un angle de 45 à 60degrés , dures , d’une ligne à une ligne &demie de diamètre , longues d’un bonpouce , ou une fois plus courtes que lesfeuilles.
Les fleurs forment, au nombre de troisâ dix, une efpece d’épi, & quelquefois degrappe , auíli longue que les feuilles , quifort alternativement quelquefois de leuraistèlle , mais plus communément dansl’espace qui est entr’elles & les épines , oudu bout des branches. Elles font herma-phrodites , verd-purpurines , ouvertes enétoile de sept â huit lignes de diamètre,
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portées fur un pédicule cylindrique menuprefqu’aussi long.
Chaque fleur porte entièrement fur l’o-vaire. Elle consiste en un calice verd , àcinq denticules persistans, quatre fois pluscourts que la corolle qui est à cinq pétaleselliptiques , pointus, une sois plus longsque larges, verd-purpurins , épanouis ho-rizontalement & recourbés un peu en des-sous , & en cinq étamines blanches, me-nues , prefqu’une fois plus courtes, à an-thères cendrées , épanouies horizontale-ment , au milieu defquelles s’éleve un styleverd-blanchâtre , couronné par un longstigmate comprimé, blanchâtre & veloutéfinement.
L'ovaire ne paroît d’abord sous la fleurque comme un corps ovoïde , d’une ligneau plus de diamètre ; mais en mûristànt,par la fuite il devient une baie sphériquede trois à trois lignes & demie de diamè-tre , couronnée par son calice , à cinq dentsrapprochées en cône , verte d’abord , en-suite purpurine , enfin noirâtre , luisante ,à écorce épaifîè , recouvrant une chairdense , aqueuse , à quatre loges qui nes’ouvrent point, & qui contiennent chacunetrois à quatre graines anguleuses, enfoncéesdans fa substance.
Culture. Cebenkara croît communémentau Malabar , autour de Cochin. II est tou-jours verd , & porte deux fois l’an dufruit, savoir , en mars & cn septembre.
Qualite's. Ses feuilles , ainsi que sesfruits , ont une saveur douce & légèrementastringente. Ses fleurs rendent une odeurtrès-agréable.
Usages. Sa racine séchée se donne enpoudre pour rappelles les réglés supprimées,& pour faire sortir l’enfant mort & l’ar-riere-faix , lorsqu’il reste dans la matriceaprès l’accouchement. Ses fruits se mangentavant leur maturité , pour arrêter la diar-rhée , le flux de sang & les menstruesimmodérées.
Remarques. Le benkara est , commel’on volt, un genre particulier de plantequi doit être placé , comme nous l’avonsfait, dans la seconde section de la familledes onagres. Foye\ nos Familles desplantes y volume II y page 8$. Ç M.Adanhon-)