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les voyages faits en Orient & dans laTerre-Sainte.
De Rieux en Bretagne ; d’aqiir , à dixbesans d’or, trois , trois , trois & un.
De Villeneuve en Franche-Comté ; defable à cinq besans d’argent en sautoir.(G. D. L. T.)
*. BESANÇON , ( Géogt. J ville deFrance, capitale de la Franche - Comté ;elle est divisée en haute & baííè ville.Long. 2.3. 44. lat. 47. 18.
II y a à cinq lieues de Besançon unegrande caverne creusée dans une monta-gne , couverte par le destiis de chênes &d’autres grands arbres, dont on trouvetrois récits dans les Mémoires de l’Aca-démie ; l’un dans les anciens Mémoires,tome II. le second dans le recueil de17x1 , & le troisième dans celui de 172.6.Nous invitons les lecteurs crédules de lesparcourir tous les trois ; moins pour s’inf-truire des particularités de cette grotte quine font pas bien merveilleuses , que pourapprendre à douter. Quoi de plus facileque de s’instruire exactement de Pétat d’unegrotte? Y a-t-il quelque chose au mondefur quoi il soit moins permis de se trom-.per , & d’en imposer aux autres ? Cepen-dant la premiere relation est fort chargéede circonstances ; on nous allure , parexemple , qu’on y accourt en été avec deschariots & des mulets qui transportent desprovisions de glace pour toute la province ;que cependant la glacière ne s’épuise point,& qu’un jour de grandes chaleurs y repro-duit plus de glaces qu’on en enlevs en huitjours ; que cette prodigieuse quantité deglace est formée par un petit ruisseau quicoule dans une partie de la grotte ; quece ruisseau est glacé en été ; qu’il couleen hiver : que quand il régné des vapeursdans ce souterrain , c’est un signe infail-lible qu’il y aura de la pluie le lendemain ;& que les paysans d’alentour ne manquentpas de consulter cette espece singuliersd’almanach , pour savoir quel temps ilsauront dans les cfifférens ouvrages qu’ilsentreprennent.
Cette premiers relation fut confirméepar une seconde ; & la grotte conservatout son merveilleux , depuis 1699 jusqu’en1711, qu’un professeur d’Anatomie & de
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Botanique à Besançon y descendit. Lessingularités de la grotte commenceront àdifparoître • mais il lui en resta encorebeaucoup : le nouvel observateur loin decontester la plus importante , la formationde la glace , d’autant plus grande en été ,qu’il fait plus chaud , en donne une expli-cation , & prétend que les terres du voi-sinage , & sur-tout celles de la voûte, fontpleines d’un sel nitreux , ou d’un sel am-moniac naturel ; & que ce sel mis enmouvement par la chaleur de l’été , semêlant plus facilement avec les eaux quicoulent par les terres & les fentes durocher , pénétré jusques dans la grotte ; cemélange, dit M. de Fontenelle, les glaceprécisément de la même maniéré que sefont nos glaces artificielles ; & la grotteest en grand , ce que nos vaisseaux à fairede la glace sont en petit. Voilà , sanscontredit , une explication très-simple &très-naturelle j c’est dommage que le phé-nomène ne soit pas vrai.
Un troisième observateur descendit qua-tre fois dans la grotte , une fois dans cha-que saison , y fit des observations &acheva de la dépouiller de ses merveilles.Ce ne fut plus en 172.6 , qu’une cavecomme beaucoup d’autres ; plus il faitchaud au dehors , moins il fait froid audedans : non seulement les eaux du ruis-seau ne se glacent point en été , & nese dégèlent point en hiver , mais il n’ya pas même de ruisseau ; les eaux de lagrotte ne font que de neige ou de pluie,& de toutes ses particularités , il ne luireste que celle d’avoir presque sûrement dela glace en toute saison.
Qui ne croiroit sur les variétés de cesrelations , que la grotte dont il s’agit étoità la Cochinchine , & qu’il a fallu une in-tervalle de trente à quarante ans, pour quedes voyageurs s’y succédassent les uns auxautres , & nous détrompassent peu-â-peude ses merveilles ? Cependant il n’est riende cela ; la grotte est dans notre voi-sinage : l’accès en est facile en touttemps ; ce ne font point des voyageursqui y descendent ; ce sont des philoso-phes , & ils nous en rapportent des faitsfaux , des préjugés , de mauvais raí-' sonnemens , que d’autres philosophes