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Tome cinquième.
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degrés les anciens préjugés. II ne renversapoint les idoles, il les laisse se détruireelles-mêmes, protégea les prêtres chrétiensfans persécuter leurs adversaires , & nedonna point à ces derniers cette raison àopposer à l’évangile, qu’il eut été prêchéles armes à la main. II attira dans ses étatsVoie échus , évêque de Prague , l’apôtrede la Hongrie , de la Prustè, de la Bo-hême & d’une partie de la Russie. Maisil ne put le fixer en Pologne. Ce prélatfut assassiné par les Prussiens en 997. Bo-lejlas acheta son corps des afíàssins mêmequi l’avoient maílàcré. On prétendit queceux-ci ayant voulu le vendre au poids del’or , lorsqu’on le mit dans la balance , ilne pesoit presque rien. Nous ne détermi-nerons point le degré de croyance qu’ondoit accorder à ce prodige. Mais quandBolejlas auroit payé ces reliques de lamoitié de ses trésors , il en fut bien dé-dommagé , puisqu’elles lui valurent unecouronne.

Jusques-là les souverains de Pologne n'a-voient été que des ducs vaíseux de l’empire.Bolejlas aspiroit à se dégager de cette ser-vitude , la voie des armes lui paroiílòitincertaine, & aussi funeste aux vainqueursqu’aux vaincus. II prit un moyen plus fur& peut-être plus glorieux. II fit publieravec pompe dans toute l’Allemagne , lesmiracles de saint Voicechus. On y accourutdes bords de la mer Baltique , de l’Océan& de la Méditerranée. Plus il y eut despectateurs, plus il y eut de prodiges. Cettecélébrité eut tout l’esset que Bolejlas enavoit espéré. L’empereur O thon III , quivenoit de visiter à Rome les tombeauxdes apôtres , voulut aussi visiter celui def évêque de Prague ; il alla en Pologne.Bolejlas le reçut avec une magnificencedont la nation eût pu murmurer , si lesuccès de fa prodigalité ne l’eût justifiée.Ces fêtes se succédèrent sans interruption.C or, l’argent & les meubles précieux quiy brilîoient, étoient distribués le soir auxgens de l’empereur. Le lendemain nouveauxapprêts nouveaux pressens. L’empereur entut accablé. Sur la fin d’un repas , dansun de ces momens ou les plus impénétra-bles politiques éprouvent des effusions decœur, Othon mit la couronne impériale

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fur la tête de Bolejlas , lui permit d’ar-borer les armes de l’empire, le nommaroi , & l’afFranchit, ainsi que ses succes-seurs , de tout devoir de servitude enversles empereurs. Ce fut l’an 1001 qu’une fêteopéra cette révolution qui auroit coûtéplusieurs siécles de guerre.

Le roi marcha incontinent contre Bs~lejlas duc de Boheme , punit , par desravages affreux , ceux qu’il avoit faits enPologne , soumit la Moravie , défit enbataille rangée Jarostas , duc des Ruthé-niens , rendit à Stopale , frere du vaincu,la ville de Kiovie , que celui-ci lui avoitenlevée , & distribua à ses soldats tous lesfruits de fa viéfoire. II retournoit en Polognelorsqu’il fut attaqué par Jaroílas qui avoitrassemblé les débris de son armée , & l’avoitaccrue par de nouvelles levées. Une secondevictoire le délivra de cet ennemi. Les vain-cus eux - mêmes lui donnerent le surnomde Crohri , c’est-à-dire , le redoutable oule courageux. A son retour il bâtit deséglises , & peupla ses états de moines. Cessoins religieux ne le détournèrent pas dessoins du gouvernement. Mais ennuyé d’untrop long repos , il entra dans la Saxe qu’iltrouva déserte. II réduisit les villes en cen-dre , ravagea les champs, pénétra dans laPrusse sous prétexte de venger la mort desaint Adalbert , pilla , brûla , saccageatoute cette contrée , força les habitans àlui payer tribut & à recevoir l’évangile,& fit élever une colonne fur la rive de laDossa comme un monument de ses con-quêtes.

II rentroit en Pologne lorsqu’il appritque les Ruthéniens paroissoient dé jaser lesfrontières, ayant Jarostas à leur tête. II ycourut. Les deux armées se trouvèrent enprésence , le fleuve Bogus les séparoit ; lesvalets des deux armées y alloíent abreuverleurs chevaux ; ils s’insulterent de part &d’autre. Des injures ils en vinrent auxcoups ; les soldats y coururent ; les deuxarmées prirent les armes ; la bataille de-vint générale. Les Polonois traverserentle fleuve , mirent les Ruthéniens en dé-route , & Bolefuís demeura victorieux ,l’an 1018.

Le reste de son régné fut paisible ; stforma un conseil de douze sénateurs, avec